patrimoine

  • L'édito #11 : un patrimoine à l'abandon ?

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    L’incendie de Notre-Dame de Paris aura eu le mérite de recentrer l’attention sur la fragilité du patrimoine. Et à Frameries, qu’en est-il ? Faudra-t-il entrer en matière en rappelant le monument Bosquètia dont on a volé la petite dame et l’écureuil voilà bientôt 13 ans, et qui glisse vers le néant, tout doucement dans l’indifférence manifeste de l’autorité… ?

    En Borinage, mal aimé, souvent synonyme de passéisme, le patrimoine est bien trop souvent laissé dans un état de semi-abandon. On pourrait même dire qu’à ne pas se donner les moyens de le montrer, on le cache. On le glisse sous le tapis O de l’indifférence O du mépris O de la méconnaissance (je vous laisse le soin de cocher la ou les cases utiles).

    A Frameries comme ailleurs, chaque rue a son histoire (parfois récente comme la rue du Millénaire, parfois lointaine comme la rue de la Commanderie, parfois cocasse comme la rue de la Victoire). Chaque quartier dispose d’un monument, d’une chapelle... Chaque terril déroule son atmosphère… Et puis les différentes parties de Frameries ont elles aussi une histoire qui leur est propre. Qui sait encore que La Bouverie acquit autrefois son indépendance de haute lutte (1846) ? Qui se rappelle de la fontaine du Pont Troué, à Sars, rénovée dans les années 90 et abandonnée depuis lors... Plus récemment le sauvetage in extremis du calvaire par des citoyens de bonne volonté... Et la remise en lumière de la stèle Louis Piérard, abandonnée depuis belle lurette, par des citoyens... Le retrait (sans doute définitif) du "cadran solaire" (cité Calmette)...

    IMG_20190403_192244s.jpgLe patrimoine, c’est le récit des jours anciens qui arrive jusqu’à nous, non par le livre ou le professeur, mais pas l’objet, l’architecture…

    Laisser mourir son patrimoine, c’est laisser à l’abandon ce qui définit une région et ses habitants. C’est ôter l’identité (et laisser ce vide être rempli par un « anonymat de banlieue américanisée »). C’est aussi vider de sa substance le récit dont chacun de nous, chaque jour, devrions nous nourrir, et nourrir nos enfants. Enfin, c’est se moquer de nos ancêtres et refuser à l’écho de leurs luttes, de leurs joies, de leurs souffrances, de parvenir jusqu’à aujourd’hui, et de persévérer jusque demain.

    Libre à chacun de se nourrir et de nourrir ses enfants avec du Disney, des robots géants, ou encore des Hobbits. Mais ne faudrait-il pas parfois se donner les moyens de (re)découvrir les histoires, les anecdotes, les écrits, les chansons de notre foyer ? Deux exemples parmi 100 (et guerriers ceux-ci) : c’est qu’il y a eu des armées en guerre sur notre territoire: près de 30.000 hommes sont morts du côté de Sars-la-Bruyère, lors de la bataille de Malplaquet... le saviez-vous ?. Et ce creux, au bout à droite de la rue Donaire, oui, au nouveau lotissement voisin de notre déjà aimée usine à frites : creux qui sont en vérité les vestiges de bivouacs militaires de la fin du 16ème et début 17ème/18ème décelés là par les archéologues de la région wallonne...

    Comme, en alimentation on parle aujourd’hui de mieux manger grâce aux circuits courts, ne devrait pas aussi mieux s’éduquer, mieux se cultiver et se divertir en s’intéressant à ce que j’appellerai le « circuit court » de l’histoire, du récit - dont le patrimoine fait figure de partie émergée ?

    Aucun panneau ne renseigne l’existence du charbonnage de l’Agrappe, connu sous le surnom de Volcan tant l’ogre décima de mineurs (121 morts en 1879). Aucun panneau ne rappelle la coulée du terril du Grand Trait, qui, dans les années 50, supprima de la carte une rue de La Bouverie. Aucun panneau n’explique la commanderie templière de Fliémet, la présence mystérieuse du Noirbonhomme, et n’incite, se faisant, non seulement à nous donner une image de nous mêmes augmentée des gloires et histoires de jadis, mais à inviter l’autre, le visiteur, le touriste, le curieux, à parcourir notre petit monde, à flâner le nez en l’air - et à en être fiers.

    Au final, à nous faire croire que nous habitons n’importe où, on finirait par nous faire croire que nous sommes n’importe qui.

    En 2019, on est bien loin des publications du Parti Socialiste des années 70 (voir l’image ci-dessous) qui osaient montrer et glorifier les beautés de notre chez nous, les coins fleuris, les monuments. Et à bien y réfléchir, ce recul de l’espace public ne va-t-il pas de pair avec les dégradations et les incivilités ? Peut-on protéger, respecter ce qu’on ne connaît pas, ce qu’on ne nous donne pas à connaître ?

    Alors oui, les cathédrales finissent par brûler, offrant un patrimoine grandiose au néant. Mais il y a, à chaque coin de rue, un petit patrimoine qui, lui aussi, faute d’un regard, d’un geste, d’un intérêt, se consume en silence.

    Alors vous penserez sûrement, en voyant la photo de la statue amputée de Bosquètia, « oui mais ce sont les gens qui déposent les poubelles ». En effet. Mais si les gens se permettent ça, c’est que l’autorité a déserté les lieux. C’est que le monument, en tant que représentant d’un personnage illustre de Frameries, n’imprime plus chez eux, faute de la culture adéquate, le moindre sentiment… Alors les gens oui, mais les gens, vous et moi, sommes cadrés par la justice, les lois, les règlements, et l’autorité communale qui a les moyens et le ressorts de faire changer ça en entretenant ses monuments et en reprenant, là où elle l’a laissé dans les années 70, sa fierté framerisoise !

    Pour terminer cet éditorial un peu déprimant (il faut l’avouer), je recopie mot pour mot le texte paru dans le périodique d’information du parti socialiste de septembre 1976, sans aucun doute propulsé par Max Audain lui-même (dont image ci-dessous) - "o temporao mores" :

    « Les monuments de Frameries sont le témoignage de la qualité d’esprit et de sentiment des générations successives de Framerisous. Ces œuvres jalonnent les grandes étapes de notre histoire (…). Statues et emblèmes rehaussent aussi la qualité de notre environnement. Ils parent notre cité d’un charme particulier ».

    Et notre génération à nous, en 2019, que laissera-t-elle aux suivantes ?

    Votre écureuil vous salue bien.

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  • Parc communal : les vespasiennes en travaux

    La rénovation va bon train pour les vespasiennes du parc communal !

    Nous vous l'avions annoncé en avril 2015 (lire ici): un budget avait été dégagé afin de rénover les anciennes vespasiennes datant du siècle dernier, dans l'objectif de les transformer en un petit espace couvert accueillant des bancs.

    Trois ans plus tard, les travaux ont débuté le 19 mars et doivent être terminés pour le 16 juillet 2018 maximum (délai officiel).

    C'est la Société Bâti-Willy de Bernissart qui a été désignée par un marché public pour la rénovation des vespasiennes pour un montant de presque 34 000 €. Ce marché a bénéficié d'une subvention de 7500 € par la Direction générale opérationnelle de l'Aménagement du territoire, du Logement, du Patrimoine et de l'Énergie du Service Public de Wallonie dans le cadre du petit patrimoine wallon.

    Gageons que cet espace remis à neuf tout en gardant son esprit d'origine est le premier pas vers un renouveau du parc communal.

    Source des informations : D. Draux.

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  • à voir: le chanoine Puissant et le donjon de Sars-la-Bruyère

    Le dernier reportage "Quartier d'Historie" de TéléMB est consacré au chanoine Puissant.

    "Edmond Félix Puissant (1860-1934) fut une personnalité hors du commun à bien des égards, une personnalité dont le rayonnement dépasse les frontières du Hainaut. Prêtre, professeur, collectionneur, archéologue, restaurateur, il a sauvé des oeuvres majeures du patrimoine hennuyer. Herchies, Sars-la-Bruyère et Mons bien sûr lui doivent une fière chandelle".

    A voir ci-dessous (si ça ne fonctionne pas, cliquez ici) :

  • mémoire du mardi #10 : "le calvaire"

    image du mardi 9.jpgChaque mardi, votre blog framerisois, en collaboration avec Mémoire(s) de Frameries, vous propose une image du temps passé.

    Il fait l'actualité, ce calvaire ! Erigé en 1875, c'est qu'il en a connu, des processions et entendu des prières, avant qu'un projet immobilier ne vienne bousculer, dernièrement, sa relative éternité.

    A cet emplacement se tenait, à l'origine, un moulin à vent qu'un ouragan détruisit. Et c'est le curé de Frameries Jean-Baptiste Maroquin qui entreprit l'érection du calvaire tel qu'on le connaît encore.

    Le calvaire connut sa consécration  en 1878, lorsque le "volcan" de l'Agrappe fit 132 morts.

    Pour en savoir plus sur ce calvaire, cliquez ici.

    Pour voir d'autres documents anciens, cliquez ici.

    Pour plus d'infos à propos du "volcan" de l'Agrappe, cliquez ici.

  • c'est "Frameries Day", chez Cavavin !

    czc.jpgCe vendredi et ce samedi, le nouveau caviste framerisois Cavavin vous propose une dégustation du fameux pâté de Frameries (de la boucherie Cédric & Emile) avec son accord vin, ainsi que de découvrir une merveilleuse liqueur de noisette.

    En outre, le magasin a été décoré d'archives de Frameries, vieux ouvrages, objets... sélectionnés par Mémoire(s) de Frameries.

    Une manière amusante de joindre patrimoine et plaisir des sens ! :)

    Cavavin Frameries se trouve dans L'Epicentre. Likez leur page Facebook en cliquant ici.