édito

  • L'édito #11 : un patrimoine à l'abandon ?

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    L’incendie de Notre-Dame de Paris aura eu le mérite de recentrer l’attention sur la fragilité du patrimoine. Et à Frameries, qu’en est-il ? Faudra-t-il entrer en matière en rappelant le monument Bosquètia dont on a volé la petite dame et l’écureuil voilà bientôt 13 ans, et qui glisse vers le néant, tout doucement dans l’indifférence manifeste de l’autorité… ?

    En Borinage, mal aimé, souvent synonyme de passéisme, le patrimoine est bien trop souvent laissé dans un état de semi-abandon. On pourrait même dire qu’à ne pas se donner les moyens de le montrer, on le cache. On le glisse sous le tapis O de l’indifférence O du mépris O de la méconnaissance (je vous laisse le soin de cocher la ou les cases utiles).

    A Frameries comme ailleurs, chaque rue a son histoire (parfois récente comme la rue du Millénaire, parfois lointaine comme la rue de la Commanderie, parfois cocasse comme la rue de la Victoire). Chaque quartier dispose d’un monument, d’une chapelle... Chaque terril déroule son atmosphère… Et puis les différentes parties de Frameries ont elles aussi une histoire qui leur est propre. Qui sait encore que La Bouverie acquit autrefois son indépendance de haute lutte (1846) ? Qui se rappelle de la fontaine du Pont Troué, à Sars, rénovée dans les années 90 et abandonnée depuis lors... Plus récemment le sauvetage in extremis du calvaire par des citoyens de bonne volonté... Et la remise en lumière de la stèle Louis Piérard, abandonnée depuis belle lurette, par des citoyens... Le retrait (sans doute définitif) du "cadran solaire" (cité Calmette)...

    IMG_20190403_192244s.jpgLe patrimoine, c’est le récit des jours anciens qui arrive jusqu’à nous, non par le livre ou le professeur, mais pas l’objet, l’architecture…

    Laisser mourir son patrimoine, c’est laisser à l’abandon ce qui définit une région et ses habitants. C’est ôter l’identité (et laisser ce vide être rempli par un « anonymat de banlieue américanisée »). C’est aussi vider de sa substance le récit dont chacun de nous, chaque jour, devrions nous nourrir, et nourrir nos enfants. Enfin, c’est se moquer de nos ancêtres et refuser à l’écho de leurs luttes, de leurs joies, de leurs souffrances, de parvenir jusqu’à aujourd’hui, et de persévérer jusque demain.

    Libre à chacun de se nourrir et de nourrir ses enfants avec du Disney, des robots géants, ou encore des Hobbits. Mais ne faudrait-il pas parfois se donner les moyens de (re)découvrir les histoires, les anecdotes, les écrits, les chansons de notre foyer ? Deux exemples parmi 100 (et guerriers ceux-ci) : c’est qu’il y a eu des armées en guerre sur notre territoire: près de 30.000 hommes sont morts du côté de Sars-la-Bruyère, lors de la bataille de Malplaquet... le saviez-vous ?. Et ce creux, au bout à droite de la rue Donaire, oui, au nouveau lotissement voisin de notre déjà aimée usine à frites : creux qui sont en vérité les vestiges de bivouacs militaires de la fin du 16ème et début 17ème/18ème décelés là par les archéologues de la région wallonne...

    Comme, en alimentation on parle aujourd’hui de mieux manger grâce aux circuits courts, ne devrait pas aussi mieux s’éduquer, mieux se cultiver et se divertir en s’intéressant à ce que j’appellerai le « circuit court » de l’histoire, du récit - dont le patrimoine fait figure de partie émergée ?

    Aucun panneau ne renseigne l’existence du charbonnage de l’Agrappe, connu sous le surnom de Volcan tant l’ogre décima de mineurs (121 morts en 1879). Aucun panneau ne rappelle la coulée du terril du Grand Trait, qui, dans les années 50, supprima de la carte une rue de La Bouverie. Aucun panneau n’explique la commanderie templière de Fliémet, la présence mystérieuse du Noirbonhomme, et n’incite, se faisant, non seulement à nous donner une image de nous mêmes augmentée des gloires et histoires de jadis, mais à inviter l’autre, le visiteur, le touriste, le curieux, à parcourir notre petit monde, à flâner le nez en l’air - et à en être fiers.

    Au final, à nous faire croire que nous habitons n’importe où, on finirait par nous faire croire que nous sommes n’importe qui.

    En 2019, on est bien loin des publications du Parti Socialiste des années 70 (voir l’image ci-dessous) qui osaient montrer et glorifier les beautés de notre chez nous, les coins fleuris, les monuments. Et à bien y réfléchir, ce recul de l’espace public ne va-t-il pas de pair avec les dégradations et les incivilités ? Peut-on protéger, respecter ce qu’on ne connaît pas, ce qu’on ne nous donne pas à connaître ?

    Alors oui, les cathédrales finissent par brûler, offrant un patrimoine grandiose au néant. Mais il y a, à chaque coin de rue, un petit patrimoine qui, lui aussi, faute d’un regard, d’un geste, d’un intérêt, se consume en silence.

    Alors vous penserez sûrement, en voyant la photo de la statue amputée de Bosquètia, « oui mais ce sont les gens qui déposent les poubelles ». En effet. Mais si les gens se permettent ça, c’est que l’autorité a déserté les lieux. C’est que le monument, en tant que représentant d’un personnage illustre de Frameries, n’imprime plus chez eux, faute de la culture adéquate, le moindre sentiment… Alors les gens oui, mais les gens, vous et moi, sommes cadrés par la justice, les lois, les règlements, et l’autorité communale qui a les moyens et le ressorts de faire changer ça en entretenant ses monuments et en reprenant, là où elle l’a laissé dans les années 70, sa fierté framerisoise !

    Pour terminer cet éditorial un peu déprimant (il faut l’avouer), je recopie mot pour mot le texte paru dans le périodique d’information du parti socialiste de septembre 1976, sans aucun doute propulsé par Max Audain lui-même (dont image ci-dessous) - "o temporao mores" :

    « Les monuments de Frameries sont le témoignage de la qualité d’esprit et de sentiment des générations successives de Framerisous. Ces œuvres jalonnent les grandes étapes de notre histoire (…). Statues et emblèmes rehaussent aussi la qualité de notre environnement. Ils parent notre cité d’un charme particulier ».

    Et notre génération à nous, en 2019, que laissera-t-elle aux suivantes ?

    Votre écureuil vous salue bien.

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  • Noirchain: c'est dégueu !

    Capture d’écran 2019-03-12 à 10.26.50.png"Au plaisir d'arpenter les doux sentiers de Noirchain s'ajoute dorénavant la possibilité, en toute discrétion et facilité, de déposer ses ordures. N'hésitez plus et débarrassez-vous de ce qui vous encombre ! Et pour les marcheurs du samedi et les cyclistes du dimanche, pas de panique : un léger bond ou un zigzag maîtrisé suffisent pour éviter l'obstacle ! Les botanistes en herbe s'émerveilleront sans doute de voir poindre entre le reliquat d'une jonquille malade et l'ombre fragile d'une perce-neige tardif, une bouteille de Silan (délicat à la pêche), une paire de charentaises, ou un préservatif noué autour d'un flacon de déo".

    Extrait de la brochure touristique "Frameries aujourd'hui".

    Oui, je suis fâché. Comme bon nombre d'entre les citoyens (du moins j'espère). Citoyens qui ont tout simplement envie de pratiquer leur territoire communal en toute simplicité sans patauger dans la merde. Des citoyens qui ont envie de faire découvrir la ruralité sans devoir expliquer à des enfants en bas-âge que des "méchants monsieurs" sont venus déverser leurs poubelles au beau milieu du paysage, à cinq mètres d'un ruisseau; que c'est pas bien, etc.

    Mais comment en est-on arrivé là ?

    Au premier chef: une société qui nous recouvre véritablement d'emballage plastique. Il suffit de voir le rayon boucherie du nouvel Intermarché, tout droit sorti d'un film de Ridley Scott. Il suffit de regarder notre frigo, le moindre jouet ou objet acheté, pour constater qu'en notre époque de crise écologique, la transition "écologique" est loin d'être entamée. Dois-je encore citer ce mouton mort il y a deux semaines à Saint-Ghislain d'avoir ...avalé des débris de cannette dans son pré ? Devra-t-on faire ingurgiter des lames d'acier à celui qui a jeté la canette, histoire de bien lui faire comprendre ?

    Puis, d'un côté, on a bien entendu l'indélicatesse criminelle de parfaits crétins qui se permettent de vider leur remorque sur un chemin de campagne, faisant fi de tout ce qu'on peut lire entendre et voir à la télé ou sur les réseaux concernant le monde moderne, le plastique, la pollution, etc. Des crétins (et le mot est faible) qui s'imaginent soit que la Terre finira par absorber leur dépôt (100 ans pour une canette, 400 ans pour un Pampers !), soit que, de toute façon, y'aura bien un malheureux ouvrier ou un citoyen bénévole pour leur torcher le derrière !

    Et d'un autre côté, une Administration qui a toutes les peines du monde à entamer un semblant de réaction face au phénomène. Car il faut croire que malgré la répétition des dépôts à certains endroits connus de l'entité, jamais n'y seront apposés des panneaux rappelant le devoir citoyen, et l'idée, manifestement fausse, que la Commune veille. Parce que ces espaces de circulation, ces espaces publics, à être ainsi "abandonnés" (pas de signalisation pour les promeneurs, pas d'incitation à la promenade, ...etc) ne peuvent qu'être "colonisés" par nos fameux crétins qui, à l'abri des regards et de toute surveillance, s'en donnent, comme vous le voyez, à coeur joie ! Oulà, je vois déjà l'arrière-garde se confondre en explication, en justificatif, et brandir des chiffres. Arrêtez de justifier votre impéritie !

    Car de beaux lieux de promenade, des sites agréables et entretenus, sont non seulement bons pour l'image que les citoyens ont de leur commune (et l'image qu'elle peut avoir vers l'extérieur) mais figurez-vous que c'est aussi créateur d'emploi ! Car attirer des gens sur un territoire en vantant les mérites de sa culture, de son patrimoine, de ses paysages, ça permet à des métiers d'émerger, et ça soutient même les commerces existants via le passage des promeneurs qui, après leur balade, c'est bien connu, souffrent toujours d'une grande soif !

    Alors ça n'est peut-être pas créateur d'autant d'emplois qu'une rutilante usine à frites, hein, on est bien d'accord... lol...

    Peut-être faut-il voir, justement, dans cette impéritie non seulement le manque de pratique du territoire par les décideurs, mais aussi la volonté profonde qu'un jour prochain tous ces sentiers ruraux et ces espaces publics parfaitement inutiles se transforment en de rutilantes usines à frites, bien huilées. Parce que finalement, gérer un parc, organiser la tonte des pelouse, prévoir des endroits fleuris, des lieux de détente propre à l'abandon, des bancs, etc... et bien il faut croire que c'est moins excitant que de jouer à l'agent immobilier !

    Votre écureuil vous salue bien.

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    Ci-dessus photo prise hier...

    et ci-dessous photo prise au même endroit fin décembre...

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  • L'édito #9: Frameries, quel paysage politique pour demain ?

    Les électeurs sortent du lit, prennent un café, se mettent en route. Les bureaux ouvrent, les bulletins atterrissent dans les urnes, les urnes sont dépouillées. Des candidats sont sur le plateau de TéléMB, d'autres font la fête dans leurs quartiers généraux, certains se retirent discrètement. Les résultats tombent et voilà le paysage politique framerisois remis en question(s). Voilà, en quelques mots, le résumé en style télégraphique de cette journée de scrutin du 14 octobre 2018.

    Pour la suite des opérations et l'explication de la redéfinition du paysage politique framerisois, cliquez ci-dessous (sur LIRE LA SUITE) pour lire l'édito.

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  • L'édito #8: rester assis au soleil

    Il paraît que les beaux jours sont de retour !

    Bien entendu on n’est pas encore tout à fait à l’abri d’un ouragan ou d’une tempête de neige. Mais tout de même : il paraît que les beaux jours sont de retour. Alors j’ai décidé de prendre le temps. Prendre le temps de passer un peu de temps. Simplement assis au soleil.

    EDITO.jpgDans le parc de Frameries, le magnolia est en pleine floraison. La moitié des pétales tapisse d’un rose nacré un large cercle de pelouse. Un peu plus loin, on rénove les vespasiennes centenaires. Sur le chemin : un peu de boue. Pas grave : il a plu cette nuit. J’hésite. Il n’y a pas de banc ici. Irai-je m’asseoir au pied du monument aux morts ? Je décide d’aller un peu plus loin. Là, dans un ovale d’herbe étincelante: une large souche. Je m’assieds sur la souche. Et je reste là, simplement assis au soleil.

    La lumière est jaune, chaude. Il y a un vent léger. Légèrement frais. Les corolles blanches des petites marguerites sauvages constellent les parterres de pelouse fraîchement tondus. Les cèdres du Liban, classés comme arbres remarquables, dressent leur silhouette qui est elle aussi tout à fait remarquable. La couleur de leurs aiguilles est indéfinissable. C’est un bleu-vert-gris cendré. Quand le vent agite leurs branches, on dirait qu’elles s’activent à scier des pans de ciel.

    Je décide de m’approcher du hêtre pleureur qui se déploie majestueusement au centre du parc. Les branches sont couvertes d’une masse de bourgeons qui éclateront sans doute cette semaine. Il faudra revenir voir ça. Sur le tronc, en hauteur, quelqu’un a gravé un coeur. Je fais le tour de l’arbre et découvre d’autres inscriptions faites au canif : des croix, des prénoms illisibles, des figures géométriques. Dieu merci, rien d’obscène – si ce n’est, en hauteur, un petit « zizi » enfantin et défraîchi.

    EDITO2.jpgJe retourne sur ma souche. La lumière a diminué. Sans soleil, il fait un peu plus frais. Derrière le long mur de vieilles briques : les façades arrières d’une longue rangée de maisons mitoyennes. Des fenêtres ouvertes, des tentures, des volets clos. Des toitures neuves et brillantes, d’autre ternes et moussues. On entend à peine les bruits de la route. Un monsieur en survêtement rouge promène tranquillement son chien. Le monsieur a les cheveux gris. Le chien tire sur sa laisse et l'entraîne sous le magnolia.

    Ca fait déjà quelques semaines qu’on réentend les oiseaux chanter le matin. Des oiseaux, il paraît qu’il y en a de moins en moins. Il paraît aussi que comme on s’habitue, on ne s’en rend pas vraiment compte. Quand j’étais petit et que je partais en voiture avec mon père, les phares étaient piquetés de mouchettes et d’insectes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Est-ce par ce que les insectes disparaissent ? Ou parce qu’ils ne sont pas convaincus par nos phares  xénon et LED ? Assis sur ma souche, j’entends chanter des oiseaux. Ils se trouvent plus loin. Juchés au sommet de la futaie qui longe le terrain de foot du RSB. Tiens ! Je n’avais jamais remarqué cet immense désespoir du singe à la chevelure foncée et hérissée de barbelés.

    Le parc est paisible. Mais le soleil a définitivement disparu derrière un épais moutonnement de nuages blancs. Il faudra revenir. Se rasseoir sur la souche. Et se réenchanter définitivement des premiers rayons de soleil du printemps.

    Stephen Vincke, votre blogueur "Blogsquetia".

     

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  • L'édito #7: un blogueur de 40 ans !

    Il y a exactement 40 ans naissait dans le Borinage un petit garçon tout rose, timide, déjà chauve, et déjà framerisou !

    On est d'accord, dans le fond, 40 ans ça ne représente ni plus ni moins que 39 ans ou 41 ans. C'est juste un chiffre rond, un symbole. Une occasion (elles sont toujours bonnes) de se (re)poser de grandes questions existentielles: d'où viens-je, qui suis-je, où vais-je, pourquoi-je... Mais aussi pourquoi Frameries-je ?...

    Etre élevé par ses arrière-grands parents à Quaregnon et à la manière du pays. Ecouter des histoires que la voix chaude de pépère débitait lors de longues promenades en Borinage. Etre terrassé par les onctueuses omelettes que préparait mémère. Les pantoufles réchauffées sur le poêle au charbon. La petite salade coupée au jardin. Le marchand de charbon, de lait, de beurre. La ratatouille. Les voisins en visite. La jatte de café.

    Comment voulez-vous ne pas avoir été marqué par une enfance pareille ? Comment voulez-vous grandir sans peine ?

    40 ans ? Une paille, à peine une noisette.

    Entre nous, 40 ans c'est surtout le prétexte pour s'envoyer un menu d'enfer chez Xavier Adam, recevoir de gentils messages, et, parmi ceux-ci, les plus précieux d'entre tous: ceux de ses enfants.

    Votre blogueur vous salue bien.

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  • L'édito #6: Ida, Cédric, Marc, Eve, Xavier, Salvatore… un commerce s’en va, un commerce revient

    Le commerce a la vie dure, c’est peu de le dire. Boutiquiers, artisans, restaurateurs : à Frameries comme ailleurs, les défis pour (sur)vivre sont quotidiens.

    « Quand on pense qu’à notre époque, un repas de famille au restaurant peut coûter parfois aussi cher qu’un séjour à l’étranger, ça en refroidit malheureusement certains, déplore Xavier Adam, de l’Atelier Gourmand, tout en déposant des asperges grillées sur un lit de crevettes grises ». Fort heureusement ça n’empêche pas les gastronomes d’apprécier manger de bonnes choses, que ce soit à La Flamme (ouvert depuis 27 ans et en passe de devenir une institution framerisoise... si ce n'est déjà le cas) ou à La Table des Délices, établissement nettement plus récent (rue Defuisseaux). L’investissement d’un chef de cuisine vaut tout les voyages du monde – et Xavier continuera encore longtemps à cuire des asperges et du homard.

    Les commerces apparaissent, restent ou disparaissent. Certains semblent des institutions inamovibles comme Le Réfractaire / Roi de la Fraise et sa vitrine éternelle, plus intemporelle que dépassée. D’autres établissements paraissent des phares qui guident la clientèle jusqu’à Frameries : Optique Simonet, G. Boutique, Pierre Fortez… Jusqu’à ce que, engloutis par les années, ils finissent eux aussi par sombrer: on pense à Marc Ghisoland, qui a raccroché il y a maintenant 2 ans après… 113 ans de présence. Le studio photo a heureusement été repris et mené jusqu’à aujourd’hui par Caroline et Santina qui y ont implanté le Freebird Studio.

    Parlons un peu de L’Epicentre : disparition de la boutique Rugby, de la boutique de jeu de société, prochaine fermeture de L’Embellie… Et à l’inverse ouverture en fanfare de Da Maxantoine qui vous régale du matin au soir dans un cadre comme on n’en avait jamais vu à Frameries, implantation de Per Dormire, sans parle d’Un Temps pour Elle dont le sourire inégalable d’Eve Delrée attire à lui tout seul la clientèle. Enfin, dernier arrivé et acculé à un destin prometteur : Cavavin, le nouveau caviste tricéphale avec Anne, Karl et Philippe au versage et à la dégustation ! On parle même de l'implantation prochaine d'un chocolatier (chuuut !).

    Dans la rue des Alliés, on pense au déménagement très réussi de La Tentation et l'implantation tout aussi réussie de Pizz'Attitude. L'ouverture, voilà une semaine, d'un nouveau magasin d'alimentation orientale, et celle dans un avenir très proche, d'un traiteur de couscous... (nous en reparlerons prochainement).

    Et Ida, Ida Veltri qui raccroche la Friterie Ida après avoir servi des frites dorées durant 35 ans ! Ida qui a régalé des légions de framerisois, avec sa saucisse blanche, ses haricots maisons, ses pains pistolets et ses oignons cuits. Mais qu’allons-nous devenir sans Ida ?

    Et l’indéboulonnable boucher Emile, son fils Cédric, qui rouvrent leur établissement "la Boucherie Cédric & Emile" après plus d’une longue année d’absence. Ils rouvrent à la rue des dames, ce mardi 3 octobre, et, derniers bouchers du centre de Frameries, proposeront à nouveau leur viande savoureuse et leurs inimitables préparations… dont le pâté de Frameries !

    Le temps passe, des boutique apparaissent, disparaissent… Que cela ne vous empêche pas d’aller prendre un café Chez Louise ;)

    Pour rester au courant de l'actu de vos commerces de proximité, likez leur page facebook en cliquant ici :)

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  • L'édito #4 : les gens sont dégueulasses !

    De loin, on pourrait croire que Madame la Cloche, en avance sur le calendrier, a déposé des oeufs qui miroitent dans les feuilles mortes. Mais il n'en est rien.

    Entrée du zoning, côté route de Bavay. Aspirateur, barquettes en plastique, bocaux, cartons et sachets: c'est bien d'un tas d'ordures qu'il s'agit. Se débarrasser de ses ordures, oui, mais à quel prix ? Il faut s'imaginer l'auto qui s'arrête, le type qui descend et balance ses poubelles, là, sur le bas-côté de la route. Ce sont pourtant des ordures ordinaires. Elles ont leur place dans les sacs blancs (et les bocaux dans les bulles). Alors, ça coince où ? Le type, il est heureux ? Son amour-propre est satisfait du devoir accompli ?

    A l'autre bout du zoning, à demi-enfoncé dans un bosquet, c'est carrément un divan qui prend racine. On imagine un autre type. Il a dessanglé le divan. L'a fait basculer de la remorque. Aidé d'un ami, ils l'ont soulevé et balancé rapidement dans la végétation. Sont-ils ravis ? Sont-ils hilares dans l'auto qui les ramène chez eux: "ah, la bonne farce !" ? Quel est leur état d'esprit à tous ces types qui balancent leurs crasses un peu partout ?

    Savez-vous que 50.000 tonnes de déchets sauvages sont récoltées chaque année en Wallonie ?

    Moi, je vais vous dire: les gens sont dégueulasses !

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    Un éditorial écrit par Stephen Vincke, pour Blogsquètia, le blog de Frameries.

  • L’édito #3 : à l’abordage !  

    C’est une longue baraque orange surmontée d’un mât, et qui fait figure de navire immobile. Vous passez tous les jours devant sans la voir vraiment. Peut-être même habitez-vous tout à côté. Certains d’entre vous l’ont bien connu quand elle était encore une école de la chaussure

    Etablissement provincial, la Fabrique de Théâtre, s’est ancrée au cœur de La Bouverie en 1998. Véritable petite usine artistique qui tient plus de la manufacture que de la production en série, elle a pour but d’être une salle de gymnastique artistique, un creuset où toute expérience est rendue possible grâce à l’encadrement professionnel et matériel : salles de répétition, salles de cours, ateliers de marionnettes, de masques et de costumes, bibliothèque des arts du spectacle, chambres pour la résidence d’artistes, et salle de spectacle de 82 places…

    Comme pour tout navire de cette importance (et qui navigue dans les eaux tranquilles de nos villages), l’abordage est difficile. Pourtant, chaque spectacle est une échelle de coupée qui mène à bord, une fenêtre favorable, une inexcusable issue.

    Voyez-vous, des artistes du monde francophone viennent chaque semaine y inventer, y dire, y déclamer, y écrire, y débattre, y costumer, y décoriser, y marionnettiser, y gargariser, y féminiser, y déshabiller, y rhabiller, y boucaner, y, y ,y… (et pendant ce temps de surir le monde). Et puis il y a les régionaux de l’étape, comme Barbare Dulière, de souche framerisoise, à la fois pirate de cœur et corsaire de trèfle. Et chaque mois une restitution gratuite et publique a lieu.

    Par définition, un navire est un monde clos. Sauf que celui-ci amène avec lui des épices exotiques, des fruits inconnus. J’en connais les matelots, et Valérie Cordy qui fait figure de capitaine (sa vaste cabine panoramique est pleine à craquer de paperasse : je vous montrerai une photo à l’occasion).

    Comme pour tout navire de cette importance, l’abordage est difficile. Sauf que ce navire-ci est percé de trous qui laissent filtrer la lumière. Laisse-vous séduire. Laissez-vous tenter : à l’abordage !

     

    -> http://www.lafabrique.be

  • L’édito #2 : la glace passe

    Etre sur le quai de la gare de Frameries, tôt le matin. Attendre le train dans l’obscurité. Vent froid qui transperce les vêtements. Fumerolles blanches qui sortent de la bouche. Taper du pied. Observer comme un manège lointain le va-et-vient des quelques automobiles qui viennent déposer un navetteur ou un étudiant. Les quais de la gare sont silencieux. 

    Soudain, au loin, encore vague au-delà du pont du berger apparaît la pâle lumière de deux gros phares : c’est le train.

    De petites averses verglacées ont déposé une colonie de cristaux de glace sur le fil noir de la caténaire. Alors quand le train entre en gare, glissant avec douceur dans une atmosphère irréelle, les archets du pantographe crépitent furieusement en faisant éclater la glace, et tracent un sillon d’étincelles bleues.

    Attendre le train dans l’obscurité. Vent froid qui transperce les vêtements. Fumerolles blanches qui sortent de la bouche.

    Un éditorial écrit par Stephen Vincke, pour Blogsquètia, le blog de Frameries.

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