L'édito #12 : violence conjugale

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Samedi 22h. La braderie, cette sympathique festivité qui a mis le sourire à bien des promeneurs, vient de se terminer. Tout à coup, surgissant de la rue Gillard, une femme fait son apparition.

Elle est en panique. Son nez est en sang. Le sang a éclaboussé son t-shirt. Elle crie. Un homme est à sa poursuite. Il s'agit de toute évidence d'une violence conjugale. Je suis en compagnie de deux conseillers communaux qui vont suivre le déroulement de la scène de très près. Le fils d'un d'entre eux écharpe rapidement l'homme, le plaque au sol. La femme ensanglantée retourne aussitôt sa veste et s'écrie : "Lâchez-le, c'est mon homme, c'est pas lui, je me suis cognée toute seule". Sitôt qu'elle entend la sirène d'un véhicule de police, elle file dans sa maison et, en une fraction de seconde, revient le visage lavé. Elle a passé un autre t-shirt. "Lâchez-le, de toute façon je fais ce que je veux !". Du drame ne reste qu'une vingtaine de témoins, et puis le type par terre, qui tente d'expliquer l'inexcusable. La police prend la scène en charge. Surgit alors, en grande panique, un enfant de 4 ans. Il ne veut pas qu'on fasse du mal à son beau-père. Il hurle, panique. Chacun est bouleversé. L'homme est rapidement cadenassé au fond d'un combi. La femme continue à inventer une chute. Il faut qu'elle le dédouane. Il faut vite revenir à la normale. Peut-être l'homme, ce dur qui vient de la cogner, est son soutien de famille. Peut-être, quand la vie est difficile et violente, on prend vite de mauvaises habitudes. Un policier dit: "Si elle ne porte pas plainte, y'aura aucune suite". Je me suis immédiatement promis d'écrire un édito. Juste pour raconter ce que j'ai vu. Ce qui arrive encore bien trop souvent. Ce que des femmes subissent (parfois -quoique plus rarement- des hommes), sans avoir la capacité de sortir de l'engrenage. Ce que des types poussés à bout par la bêtise, la lâcheté, ou l'oppression de la société commettent, sans véritablement être inquiétés. Je voulais écrire tout ça juste pour que vous sachiez.

Et en cas de besoin, vous n'hésiterez pas, s'il vous plaît, à composer le numéro gratuit 0800/300.30 ("Ecoute Violences Conjugales") et surtout, à tenter par tous les moyens de briser le silence.

Votre écureuil vous salue bien.

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