Sars-la-Bruyère: on a brûlé Lambert (en vidéo)

Lambert.jpgTrois jours à peine après avoir été joyeusement bourré de paille et donc ramené à la vie par les sarois et les amis de Sars, le Bonhomme Lambert - dont la fin coïncide avec celle des moissons - a donc été brûlé, ce dimanche tard dans la nuit. Autour de lui, les sarois ont entamé une farandole paysanne à la fois triste et joyeuse, sur les accords préservés et joués par la fanfare de Taisnière-sur-Hon.

Chaque année, il y a ce tourbillon à la fois authentique et nostalgique qui envahit la pelouse, à quelques pas de la petite école communale de Sars-la-Bruyère. Comme l'explique si bien Vinciane Demoustier, la trésorière des traditions de Sars: "Pensez un instant à tous ces sarois du passé qui ont brûlé Lambert avant nous, des siècles durant". C'est exactement de ça qu'il s'agit: dans cette torche qui s'effondre lentement au coeur de la farandole brille le passage des générations, et la préservation, au delà des ravages du temps et son cortège d'oublis d'une authenticité locale solaire et puissante.

Rompre la chaîne serait criminel. Alors chaque année on remet le couvert !

Et Lambert qui, planté dans de grandes bottes de caoutchouc à l'arrière de la scène dès le premier soir des festivités, de s'amuser de tant de brouhaha. Cet éphémère Lambert qui, chaque année, revit quelques jours seulement, de se réjouir du paradoxe de son immortalité de héros grec. Le briquet le touche. Lambert s'enflamme. Le feu le grignote et l'emporte dans le ciel de l'été finissant. Reste une odeur de caoutchouc. Reste la tristesse d'avoir une fois encore, laissé filer le temps. Reste la joie d'avoir appartenu, le temps d'une farandole, au beau village de Sars-la Bruyère.

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