"nous serons tous sur des vieilles photos", un édito de l'écureuil démasqué

rue de l'industrie extrait.jpgBon, c’est pas tout ça, mais notre Blogsquetia est un blog de presse, tout de même. Alors un éditorial,, ça n’est pas si bête...

Savez-vous qu'un peu avant le milieu du siècle dernier, les charbonnages avaient pris une telle ampleur que toute la longueur de la rue de l'Industrie comprise entre le carrefour avec la rue de la Libération et la rue Achille Degrâce (à l'époque rue Rotschild) était bordée, au Nord (du côté de Doosan) par des installations en relation directe avec l'extraction du charbon ? Cliquez sur le plan ci-contre pour vous en rendre compte: "centrale électrique", "usine à tous produits", "bains douches"... Il en reste quelques traces, mais si peu...

Chaque jour, aux quatre coins de Frameries, des travaux de voierie ou immobiliers, transforment inexorablement le visage de notre lieu de vie - à tel point que c'est bien peu de l'écrire. Relevons, récemment, le renouvellement complet de la rue des Alliés, la transformation en profondeur des 4 pavés de Frameries et l'apparition du nouveau complexe commercial - plus loin de nous la transformation de la grand place, un jour prochain celle du square situé devant l'église, et j'en  passe tant et tant...

FO.jpgUn exemple actuel illustré ci-contre: une photo de la vieille station à essence de la rue de l'Industrie, désaffectée depuis belle lurette, en cours de démolition, et prochainement réouverte en station essence DATS (Colruyt). 

Parallèlement à ce constat, il y a depuis un certain temps, une vague de nostalgie qui touche toutes les couches de la population framerisoise. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir l'activité et l'ampleur de divers groupes de "souvenirs" mis en place par des citoyens sur Facebook. On connaît tous le sacro-saint "c'était mieux avant". Cela voudrait donc dire que demain ce sera inévitablement pire ? A quoi sert la nostalgie si elle doit miner notre présent de l'angoisse du devenir ? La nostalgie ne serait-elle qu'un facteur de démoralisation, ou peut-elle se transformer en l'énergie de nos envies de mieux vivre, de mieux être ? Après tout, qu'est-ce que "aujourd'hui, dans la ligne infinie du temps framerisois ?

Voyez-vous il y a quelques temps, lorsque je montrai à ma fille de 10 ans de vielles photos jaunies sur lesquelles se trouvaient des inconnus, posant au milieu de rues framerisoises, 1838392910_2.jpgelle eut cette réflexion (que seule un enfant peut avoir): "mais, papa, un jour, c'est nous qui serons sur des vieilles photos, non ?".

Alors voilà, le changement est quotidien, c'est indiscutable. Nos rues, nos habitudes, nous-mêmes, tout cela finira un jour sur des vieilles photos. Le sable du temps nous glisse entre les doigts. Mais ce qui restera, cher lecteur, accroché à toute époque comme le sable peut l'être sur la paume de la main, ce quirestera affirmé dans tout décor framerisois, fut-il celui du passé, celui d'aujourd'hui, ou celui d'un Frameries futuriste, ce qui transcende en mon âme la moindre image, la moindre archive, la plus insignifiante photo: c'est bien le coeur battant des habitants du Borinage, dont le rythme confère une musique universelle à notre passage sur ces braves terres framerisoises.

Alors prenez des photos de notre monde changeant. Mais vous, surtout, ne changez pas.

La première illustration provient des archives de la S.A. Charbonnages du Borinage.

Imprimer Catégories : édito, mémoire

Les commentaires sont fermés.