une jatte avec Robert Degavre (1): « quand les Francs Gilles de Frameries montèrent à Paris... à pieds ! »

5GP-b.jpg« Une jatte avec… » c’est un nouveau genre d’article sur votre blog communal. Votre blogueur ira ainsi de temps à autre à la rencontre d’un citoyen ou d’une citoyenne et, autour d’une tasse de café (une « jatte »), écoutera des histoires bien de chez nous…

Pour ce premier épisode (divisé en deux parties) nous allons vous raconter l’Odyssée des cinq Francs Gilles qui, par une journée de juin 1981, entreprirent d’aller de Frameries à Paris… à pieds…

Le café est bon chez Robert Degavre - et vous connaissez aussi bien que moi l’importance d’offrir et de recevoir un bon café en notre Borinage bien-aimé. Il faut dire que Robert Degavre, à 66 ans, peut se réclamer « framerisou pure souche ». Non content d’habiter Frameries depuis toujours, il y est né à une époque où accoucher chez soi (et carrément sur la table de la cuisine) était monnaie courante.

5GP-dFRANCS GILLES bis_modifié-1.jpg« Le gérant du Vieux Frameries du début des années 80 – Francis Collignon – était chauffeur de car « Lenoir » à ses heures, explique Robert, une jatte de café entre les mains. Chaque mercredi, il conduisait des groupes de borains au Théâtre de l’Empire, à Paris, voir les émissions de variété de Jacques Martin (pour les lecteurs qui ne remettent pas instantanément le grand Jacques Martin, il s’agissait, entre autres, de l’animateur de l’émission « l’Ecole de Fans »). Jacques Martin animait alors l’émission « Incroyable mais vrai ! ». Le défi fut rapidement lancé aux framerisois : une brochette de Gilles devrait parcourir à pieds les 250 kilomètres séparant Frameries du plateau de télévision parisien, et y arriver pile lors de l’enregistrement de l’émission…

« A bon framerisou, rien d’impossible ! », dit l’adage. Et la demi-douzaine de Gilles de s’organiser afin de répondre au défi.

Tout d’abord, c’est le sponsoring de Pierre Fortez qui va permettre l’acquisition des vêtements utiles à l’entraînement. Comme l’Administration Communale n’entend rien à l’idée de subsidier un minimum l’effort de nos gaillards, étant donné qu’on est toujours mieux servi par soi-même, un 5GP-a.jpgcomité se propose d’arpenter les rues pour vendre des autocollants (voir photo). « On avait été prudents : on n’en avait commandé que quelques centaines chez l’imprimeur, explique Martine Naisy, la femme de Robert, un grand sourire aux lèvres. On bout d’une seule rue on n’en avait déjà plus ! Il faut dire qu’une camionnette nous suivait avec la musique des Gilles. Les gens sortaient sur le pas de leur porte en pensant que c’était la cavalcade avant l’heure… Au final, on en a vendu plus de 3000 ! ».

Le 23 juin 1981, à 18h, c’est un vrai départ de course qui s’ébranle. D’abord il y a les cinq Francs Gilles, costumés de pieds en cap : Robert, Francis, Daniel Dubuisson, Michel Le Henaff et Jean-Claude Thys. Puis viennent des autos dans lesquelles se trouvent des accompagnateurs ainsi que le médecin et le kiné recrutés pour l’occasion. Pour finir : une caravane destinée au repos des voyageurs. On y a entassé tout le nécessaire : jusqu’à des pains en veux-tu en voilà offert par la boulangerie Godefroid en guise de soutient. On imagine le cortège bigarré de citoyens et d’enfants qui accompagnent la troupe jusqu’à la sortie de Frameries.

Au-delà c’est la route, la vraie, la grande, au rythme de 35 kilomètres à avaler durant la nuit et 25 pendant le jour… Avec, en point de mire, l’accomplissement de soi. Mais en attendant, reste la grande souffrance du chemin à parcourir…

Une histoire incroyable (mais vraie !) à suivre dès lundi sur votre blog communal !

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Commentaires

  • C est pas vraiment le souvenir que j en ai ;-)

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