l'Agrappe, 135 ans plus tard (1/4) : la rescapée du volcan de l'Agrappe

GRI.jpgLe 17 avril 1879, une explosion d'une violence extrême et sans précédent dans l'histoire des mines se produisait dans la veine Epuisoire. Cette catastrophe allait rapidement se faire connaître sous le nom terrifiant du volcan de l'Agrappe qui coûta la vie à 121 mineurs !

Louise Ledune avait 20 ans en 1879. On la ramena au jour le 20 avril, après trois jours passés à errer à 600 mètres sous le plancher des vaches, dans l'obscurité et le froid. Comme les volets étaient fermés chez elle, on l'avait cru morte. Voici son histoire, d'après son propre témoignage, recueilli dans l'ouvrage "Le grisou", d'Emmanuel Laurent.

Louise Ledune (voir photo de droite) était sclauneuse et travaillait au charbonnage depuis l'âge de 11 ans. Elle habitait La Bouverie. Le 17 avril, elle commence sa journée à 4 heures du matin, dans la veine Picarte, à 610 mètres sous le sol. Vers 7h10 elle entendit un bruit sourd, tandis qu'un leduneok.jpgdéplacement d'air la projetait au sol. Elle se relève et constate qu'elle porte une plaie affreuse au côté gauche. Un petit groupe se forme. On prie. Dans le lointain des galeries, on entend pas moins d'une trentaine d'explosions. Le groupe tente de remonter, mais un éboulement se produit et Louise est grièvement blessée à la tête (des années plus tard elle montrera à l'auteur du livre une cicatrice bleuâtre de 20 centimètres). Perdant son sang, Louise suit le groupe avec difficulté. Plus loin on dort un peu. Plus loin, l'odeur est telle qu'un des mineurs murmure lugubrement: "Il doit y a voir un cimetière, là-derrière". On prie de plus belle. on avance. Mais sait-on vraiment où on va ? Miracle: on entend les sauveteurs. Il est temps car le feu n'est pas loin et l'eau, qui a envahi les galeries les plus profondes, remonte dangereusement ! "Vous serez libre dans une demi-heure", leur crie-t-on. Il faudra pourtant attendre jusqu'au lendemain car un éboulement entrave l'action des sauveteurs. Louise sort enfin de la mine. Les vêtements déchirés, elle est quasiment nue. On lui prête un gilet. Elle est tellement sale, décomposée, que son propre père ne la reconnaît pas. l'homme finit par lâcher un émouvant "C'est m'fille; c'est bié li !". En rentrant chez elle, blessé, épuisée, une dernière surprise l'attend. On l'avait cru morte: un cercueil l'attendait déjà.  

AG.jpgQuel témoignage ! Quel caractère ! Qui de nous s'en serait sorti ? N'avons-nous pas l'air de petits enfants fragiles face à cette archétype de la grand-mère boraine ? Et à l'Agrappe (voir photo de gauche) qui sait encore, aujourd'hui, que sous cette étendue d'herbe heureusement préservée, sous les roues des vélos qui pratiquent l'acrobatie, se trouvent encore le coeur palpitant du souvenir de tant de sacrifiés ?

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Commentaires

  • Salut une pence a tous les Mineurs

    Gueule Noire
    La brume se lève par ce petit matin d’octobre, le jour commence a poindre. Tous convergent vers le même point. Les premiers frimas se font sentir. Les hommes remontent leurs cols, la tête rentrée dans les épaules, les mains dans les poches, la musette sur le dos. Ils parlent peut, il profite des derniers instants de lumière, derniers instants de liberté. Plus ils avance vers le puits, plus le silence se fait lourd. Passé la grille, tout devient automatique comme le jour d’avant et le jour d’avant encore. La prise de la taillette (nom du jeton) qui indique la présence du numéro un tel dans le trou, la prise de la lampe, lumière artificielle qui dégage un faible halo de clarté, qui leurs rappellent que ce sont de êtres de la surface. Qui les guides dans la taille comme un vers luisant en cherche un autre. Changer de vêtement propre et encore chaud , qui l’on couvert de la maison au chemin de la mine, pour un saros chargé de sueur et d’humidité qui a fixé dans les fibres du vêtement la poussière du charbon abattu la veille. Saros qui lui refroidis le corps et le glace jusqu'aux os, quelques frissons le secoue et lui arrache un petit crie. Le temps est compté, il faut se hâté, en rang ils se dirigent vers la cage. Un petit groupe y pénétré, le dos a la parois, les regards fixaient vers leurs camarades. La grille se referme sur eux. Les voilas pris au piège, l’alarme retentis. Une secousse indique le décrochage et ses la descente aux enfers, à toute vitesse elle file vers le fond. Les estomacs remontent, leur gorge est nouée. Les têtes se lèvent , et ne distingue qu’un petit rond de lumière qui se fait de plus en plus petit. La chaleur commence à se faire sentir, une chaleur moite et suffocante chargée de minuscules particules du précieux minerai, qui fut jadis des forets verdoyantes, que le chaos a engloutie et pétrifié. La cage ralentie, s’arrête et s’ouvre. Elle se vide de cette masse vivante. Chacun sait se qu’il a à faire, se dirige vers son lieu de travail et durant, huit heures, cinq jours sur sept. Un travail de forças unira comme des frères dans le ventre de la mère nourricière, ceux qu'ont appellent Les mineurs arrachant des lambeaux de roches aux entrailles de la terre au péril de leurs vies pour un salaire de misère.

  • Partout où on pose le pied, on marche toujours un peu sur ses ancêtres!

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