« avarie(s) au matériel », un édito de l’écureuil démasqué

IMG_1997.jpgBon, c’est pas tout ça, mais notre Blogsquetia est un blog de presse, tout de même. Alors un éditorial, chaque semaine, ça n’est pas si bête...

 

 

7h06. La gare de Frameries, grisâtre, auréolée par la lumière rousse de quelques lampadaires isolés. Derrière les quais se profile le terril de Noirchain, pyramide plus sombre émergeant de la brume matinale. Voici le  train qui arrive en ronronnant. Les voyageurs, frémissant, s’avancent vers l’aventure et le mystère...

C’est que le désespoir du navetteur est grand. La question angoissante reste : « cette semaine, y’aura-t-il un seul trajet qui s’accomplira en douceur, sans heurt, sans arrêt intempestif, sans avarie ? ».

Etouffés par le chauffage l’été, glacés par la climatisation l’hiver, circonspects lorsque le train, inexplicablement, s’arrête de (très) longues minutes en rase campagne, maltraités par des trains incomplets (3 wagons supprimés mardi matin au train de 7h53 : donc on s’entasse et dès Braine-le-Comte les passagers voyageront debout jusque Bruxelles), réveillés en plein sommeil par un accompagnateur de train souvent pisse-vinaigre : la liste des désagréments est longue !

Il arrive également que, sans raison apparente, un effrayant « ticket control team » effectue une rafle dans le wagon, suivi par un peloton de policiers malabars. Dans le train de 7h06, empli de navetteurs à demi-endormis, on se demande à quel péril tel déploiement de force est destiné. Après tout, la « violence » des usagers (les coups de sang sont finalement bien trop rares par rapport à la somme des frustrations quotidiennes) vaut bien celle d’une structure qui s’avère incapable, la plupart du temps, de remplir sa mission essentielle : transporter des passagers en respectant de manière honnête et régulière un rapport confort / respect des horaires qu’elle s’est elle-même imposée. En lieu et place des pandores, on préfèrerait nettement le déploiement d’un bataillon de techniciens supplémentaire !

Au retour vers Frameries, en gare de Bruxelles (n’importe laquelle) les retards s’affichent, se résorbent inexplicablement, les trains disparaissent des écrans puis réapparaissent huit voies plus loin (grand galop du troupeau de navetteurs paniqué), avant de revenir au quai de départ et, à la minute où les usagers commençaient à entrevoir le bout du tunnel, être purement et simplement annulé.

Un trajet « normal », il y  a bien longtemps que ça n’existe plus dans la tête du navetteur. Balloté entre les grèves, les problèmes techniques (porte en panne, freins en panne, signal d’alarme qui résonne durant tout le trajet, etc…), les retards quotidiens et autres joyeusetés (bétail sur les voies…)… que reste-t-il du voyageur lorsqu’il rentre chez lui, sinon une petite pelote de nerf électrisée à souhait ?

Si vous voulez mon avis, faire la navette en train Frameries-Bruxelles, ça devrait être remboursé par la Mutuelle !

Imprimer Catégories : actu, édito

Commentaires

  • Je fais la navette depuis plus de trente ans....départ à 5h56, retour....quand cela est possible. Fatigué des incertitudes et des problèmes techniques. Je me console en sachant que mes collègues venus d'autres régions connaissent le même sort. Je suis toutefois rassuré quand je m'imagine le gars qui fait la route chaque jour en voiture...

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