une jatte avec...

  • décédé ce mardi, Albert Rousseau était le dernier contremaître de "Carmon"

    Capture d'écran 2017-01-11 00.07.48.pngLes gens meurent, c'est bien connu. Et, fort malheureusement, les framerisois comme les autres. Certains emportent avec eux un certain écho du passé. C'est le cas d'Albert Rousseau qui est décédé hier matin, dans sa maison, à Eugies.

    Né en 1934, Albert était déjà affaibli lorsque nous avons eu la chance de réaliser son interview l'an passé. Il s'était livré en toute franchise, s'étonnant même de raconter des choses qu'il avait jusqu'alors gardées pour lui.

    Peu le savent, mais l'entreprise FAC (Fernand Abel Carmon - on en voit encore la plaque au 47 de la rue Roosevelt) a fait les beaux jours de Frameries et employait jusqu'à 300 ouvriers ! Il suffit de se mettre dans l'idée que c'est cette entreprise qui a bâti l'hôpital de Frameries, et qui, bien plus tôt, a placé le nouveau coq de Jemappes au sommet de sa colonne de pierre. Et Albert en fut le dernier contremaître - et son propre père avant lui !

    Capture d'écran 2017-01-11 00.36.24.png"Quand j'ai commencé en 1948, témoignait Albert, mon premier salaire était de 17 francs et cinquante centimes de l'heure. En 1976, à la communion de mon fils, ma femme a été distraite et a jeté l'enveloppe contenant ma "quinzaine" au feu... 10.000 franc belges !".

    Une des anecdotes qui faisait la joie d'Albert était la suivante. En septembre 1945, à la Libération, Albert et ses amis ont trouvé une mitrailleuse Skoda dans le bois d’Eugies. La mitrailleuse ressemblait à une MG 43 mais avec deux chargeurs ronds, plein de munitions. Ils ont creusé un trou derrière la maison familiale et ont mis la mitrailleuse en batterie, des casques allemands sur la tête. Leur naïveté aurait pu leur coûter la vie car si d'un côté des soldats Allemand se débandaient dans les parages, de l'autre c'étaient les résistants qui mettaient le paquet...

    Albert s'en est donc allé. Le blog de Frameries présente toutes ses sincères condoléances à ses proches, sa femme ainsi qu'à ses fils, Yves et Thierry.

  • Jean-Michel Spriet, nouveau commissaire de police de Frameries

    Depuis quelques semaines, Jean-Michel Spriet, 57 ans, originaire de Leuze et marié depuis 35 ans, a pris les fonctions de commissaire de Frameries. Nous avons donc sollicité un entretien afin de dresser le portrait de l'homme pour le présenter aux citoyen, découvrir sa philosophie de travail, et également tester ses connaissances à propos de Frameries...

    D'emblée, le courant passe: Jean-Michel a la poigne franche, le regard loyal et, détail d'une importance primordiale pour nos concitoyens et qui donne souvent le la d'un entretien: l'excellente tasse de café au lait est servie illico presto & al dente. "J’aimerais agir à Frameries dans un esprit de proximité, explique Jean-Marc. On va me voir. Je veux être impliqué. Le contact direct facilite les choses dans bien des cas. Et puis, je souhaite imprimer cette philosophie à l’ensemble du commissariat. L’équipe sur place est tout à fait réceptive: je la vois déjà évoluer".

    DD.jpg"Après des humanités gréco-latines, j'ai fait trois ans de kinésithérapeute à Tournai. Mais rien n'y faisait: je voulais être militaire. Au premier jour de ma majorité, je suis entré comme candidat sous-officier de carrière à l'infanterie, au chasseur ardennais. J’y ai fait neuf ans, en Belgique comme lors de missions à l’étranger. Après ces neuf années, je suis rentré d’Ecosse et mon premier fis, qui commençait à parler, m’a dit "bonjour monsieur"… Ma fibre familiale a alors vibré comme jamais et j'ai décidé de me réorienter. Les forces de l’ordre était un choix logique.

    En 1989 je suis donc rentré comme garde-champêtre à Frasnes-Lez-Anvaings, patelin de naissance mon père - j'ai vécu ça comme un retour aux sources. J’ai officié neuf années durant, ce qui m'a permis de toucher à tout et de développer ma philosophie de travail qui consiste à privilégier le contact direct avec le citoyen. Ensuite, j’ai passé le concours d’officier ce qui m'a permis d'obtenir le grade de garde-champêtre commissionné (qui correspondrait maintenant à inspecteur principal). Nous étions en 1998, en plein début de la fusion des polices. Ma carrière s'est poursuivie avec un passage comme commissaire à Tournai en 2002 où j'ai dirigé successivement la Proximité, le service d'intervention, puis la circulation routière. 

    s.jpgJ'ai alors fait mon entrée dans le Borinage en devenant coordinateur des Proximités dans la zone de police Boraine. J'ai repris cinq mois durant le commissariat de Colfontaine avant d'atterrir ici, à Frameries, pour reprendre le poste jusqu'alors occupé par un inspecteur principal faisant fonction. Et j'espère y rester jusqu'à ma retraite !"

    Concernant Frameries, justement, quels sont les connaissances qu'en a le nouveau commissaire ?

    "Je me suis très vite intéressé à Joseph Dufrane, s'amuse-t-il en exhibant un exemplaire d'un ouvrage de notre Bosquètia. Ca n’est pas mon livre de chevet, mais tout de même: le patois framerisois m'intéresse. Il se prononce d'ailleurs un peu comme le patois de Frasnes-lez-Anvaings. C’est en préparant le volet culture du parrainage des enfants que je l'ai découvert. J'ai aussi eu l'occasion de m'intéresser à Sainte Waudru. Et puis il y a les charbonnages. Les charbonnages sont pour moi une richesses des communes boraines, plutôt qu'une synonyme de pauvreté. On en parle bien souvent comme d'une fatalité, alors que les charbonnages sont des inventions extraordinaires ! Les corons sont des lieux fascinants. J’ai envie d’approfondir. Je ne prétends pas que je parlerai le patois framerisois couramment, mais si j’ai l’occasion d'en découvrir plus, ça sera avec plaisir !".

    Entretien mené par Stephen Vincke, pour le blog de Frameries / 2016.

  • une jatte avec Robert Degavre (1): « quand les Francs Gilles de Frameries montèrent à Paris... à pieds ! »

    5GP-b.jpg« Une jatte avec… » c’est un nouveau genre d’article sur votre blog communal. Votre blogueur ira ainsi de temps à autre à la rencontre d’un citoyen ou d’une citoyenne et, autour d’une tasse de café (une « jatte »), écoutera des histoires bien de chez nous…

    Pour ce premier épisode (divisé en deux parties) nous allons vous raconter l’Odyssée des cinq Francs Gilles qui, par une journée de juin 1981, entreprirent d’aller de Frameries à Paris… à pieds…

    Le café est bon chez Robert Degavre - et vous connaissez aussi bien que moi l’importance d’offrir et de recevoir un bon café en notre Borinage bien-aimé. Il faut dire que Robert Degavre, à 66 ans, peut se réclamer « framerisou pure souche ». Non content d’habiter Frameries depuis toujours, il y est né à une époque où accoucher chez soi (et carrément sur la table de la cuisine) était monnaie courante.

    5GP-dFRANCS GILLES bis_modifié-1.jpg« Le gérant du Vieux Frameries du début des années 80 – Francis Collignon – était chauffeur de car « Lenoir » à ses heures, explique Robert, une jatte de café entre les mains. Chaque mercredi, il conduisait des groupes de borains au Théâtre de l’Empire, à Paris, voir les émissions de variété de Jacques Martin (pour les lecteurs qui ne remettent pas instantanément le grand Jacques Martin, il s’agissait, entre autres, de l’animateur de l’émission « l’Ecole de Fans »). Jacques Martin animait alors l’émission « Incroyable mais vrai ! ». Le défi fut rapidement lancé aux framerisois : une brochette de Gilles devrait parcourir à pieds les 250 kilomètres séparant Frameries du plateau de télévision parisien, et y arriver pile lors de l’enregistrement de l’émission…

    « A bon framerisou, rien d’impossible ! », dit l’adage. Et la demi-douzaine de Gilles de s’organiser afin de répondre au défi.

    Tout d’abord, c’est le sponsoring de Pierre Fortez qui va permettre l’acquisition des vêtements utiles à l’entraînement. Comme l’Administration Communale n’entend rien à l’idée de subsidier un minimum l’effort de nos gaillards, étant donné qu’on est toujours mieux servi par soi-même, un 5GP-a.jpgcomité se propose d’arpenter les rues pour vendre des autocollants (voir photo). « On avait été prudents : on n’en avait commandé que quelques centaines chez l’imprimeur, explique Martine Naisy, la femme de Robert, un grand sourire aux lèvres. On bout d’une seule rue on n’en avait déjà plus ! Il faut dire qu’une camionnette nous suivait avec la musique des Gilles. Les gens sortaient sur le pas de leur porte en pensant que c’était la cavalcade avant l’heure… Au final, on en a vendu plus de 3000 ! ».

    Le 23 juin 1981, à 18h, c’est un vrai départ de course qui s’ébranle. D’abord il y a les cinq Francs Gilles, costumés de pieds en cap : Robert, Francis, Daniel Dubuisson, Michel Le Henaff et Jean-Claude Thys. Puis viennent des autos dans lesquelles se trouvent des accompagnateurs ainsi que le médecin et le kiné recrutés pour l’occasion. Pour finir : une caravane destinée au repos des voyageurs. On y a entassé tout le nécessaire : jusqu’à des pains en veux-tu en voilà offert par la boulangerie Godefroid en guise de soutient. On imagine le cortège bigarré de citoyens et d’enfants qui accompagnent la troupe jusqu’à la sortie de Frameries.

    Au-delà c’est la route, la vraie, la grande, au rythme de 35 kilomètres à avaler durant la nuit et 25 pendant le jour… Avec, en point de mire, l’accomplissement de soi. Mais en attendant, reste la grande souffrance du chemin à parcourir…

    Une histoire incroyable (mais vraie !) à suivre dès lundi sur votre blog communal !

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