job

  • Félix Palomar: un enfant de Frameries devient thanatopracteur

    FP0.jpgA Frameries comme ailleurs, la mort nous environne. Comme un insecte, elle pique parfois au hasard. Toutefois, on ne s'en préoccupe réellement que lorsqu'un drame touche nos proches, notre famille. Dans ces cas-là, l'appui pratique d'un professionnel s'avère essentiel. Pour lever un coin du voile sur un métier hors-norme, votre blogueur est allé à la rencontre de Félix Palomar, gamin de Frameries dont les parents immigrèrent d'Espagne en 1960, qui a ouvert, il y a 6 ans, son centre funéraire à La Bouverie.

    "Enfant, j'habitais la rue Donaire. Derrière chez moi s'étendait le cimetière de Frameries, évoque Félix. Evidemment, ça me faisait peur. Et les grands du quartier en profitaient: pour intégrer la bande, il fallait aller faire sonner la cloche du cimetière, à minuit...". En 1986, Félix a 16 ans. Un voisin décède et Félix est confronté à la mort pour la première fois. "Ca a changé mon rapport à la mort. Ca m'a permis de décompresser, de lever un tabou". Rapidement, Félix donne un coup de main aux pompes funèbres Gillis. "Un jour, raconte-t-il, je me retrouve dans une chambre de l'hôpital de Frameries. Il y a là de nombreux corps. Michel Gillis me laisse seul. Je suis entouré de défunts. Le peu de peur qui me restait s'est alors envolé".

    FP6b.jpgA ce moment, Félix s'engage véritablement. Il s'intéresse particulièrement à la conservation des corps et remet tout doucement en question les manières de faire de l'époque. Il commence par travailler auprès d'autres pompes funèbres, comme Pourveur à  Asquillies. Il roule sa bosse, veut apprendre, aller plus loin. Dans la foulée, il finit par devenir responsable du crématorium de Mons.

    "En 97, je franchis le pas et je m'inscris à un cour de thanatopraxie à l'IFAPME de Charleroi, poursuit Félix. La formation me permet de rencontrer des professionnels: je vais à Lyon, Biarritz...". Quand Félix se retrouve à Montréal, en formation auprès de l'établissement Magnus Poirier, une entreprise familiale ouverte depuis 1923 et qui ne cesse d'innover (crémation, cryogénisation, centre funéraire de confession musulmane...), c'est le choc: "je me suis rendu compte que nous avions 30 ans de retard, se souvient Félix". Véritable éponge, Félix poursuit son apprentissage qui va parfois jusqu'à la pratique d'une forme de chirurgie esthétique (par exemple dans les cas de mort violente) qui permet de rendre au corps une apparence présentable. En 1999, Félix est diplômé.

    FP2.jpg"En 2004, Félix retraverse l'Atlantique. Cette fois, il se rend à Québec, avec la charge de maître de stage. "Je suis accueilli au sein des établissements André Fournier. Le centre funéraire est énorme. Il est spécialisé dans la personnalisation des funérailles". Une fois encore, Félix profite de son séjour pour emmagasiner du savoir et du savoir-faire.

    En 2010 c'est un accident médical qui va aiguiller Félix. Il se décide à lancer sa propre entreprise qui va rapidement devenir, au fur et à mesure des expériences, le Centre Funéraire Palomar"J'ai entrepris de transformer ma maison. Une partie sert de funérarium. Pour ceux qui connaissent d'autres centres à l'aspect parfois "industriel", au premier abord, ça peut paraître petit. Mais c'est justement dans cette intimité et dans ce rapport familial que je me démarque". Félix se veut proche des familles endeuillés. "Pour moi, explique-t-il, dignité et respect passent avant toute considération économique. La qualité des soins et des conseils prodigués sont une priorité. Je veux faire les choses bien: c'est ce qui compte le plus pour moi". Pour s'en convaincre, il suffit d'aller lire les commentaires qui émaillent son profil Facebook...

    Comment vit-on dans la proximité quotidienne avec la mort et les défunts ? "Chaque histoire, chaque nouveau défunt est une personne dont je m'occupe comme s'il s'agissait d'un membre de ma famille. C'est justement ma sensibilité qui me permet d'avancer sereinement, explique Félix". 

    Le Centre Funéraire Félix Palomar se trouve à la rue du Grand-trait à La Bouverie (065/64.33.10). Depuis peu, Félix Palomar a déployé un second funérarium à la rue du cerisier, à Cuesmes (anciennement funérailles Algrain). 

    FP4.jpg