édito

  • L'édito #4 : les gens sont dégueulasses !

    De loin, on pourrait croire que Madame la Cloche, en avance sur le calendrier, a déposé des oeufs qui miroitent dans les feuilles mortes. Mais il n'en est rien.

    Entrée du zoning, côté route de Bavay. Aspirateur, barquettes en plastique, bocaux, cartons et sachets: c'est bien d'un tas d'ordures qu'il s'agit. Se débarrasser de ses ordures, oui, mais à quel prix ? Il faut s'imaginer l'auto qui s'arrête, le type qui descend et balance ses poubelles, là, sur le bas-côté de la route. Ce sont pourtant des ordures ordinaires. Elles ont leur place dans les sacs blancs (et les bocaux dans les bulles). Alors, ça coince où ? Le type, il est heureux ? Son amour-propre est satisfait du devoir accompli ?

    A l'autre bout du zoning, à demi-enfoncé dans un bosquet, c'est carrément un divan qui prend racine. On imagine un autre type. Il a dessanglé le divan. L'a fait basculer de la remorque. Aidé d'un ami, ils l'ont soulevé et balancé rapidement dans la végétation. Sont-ils ravis ? Sont-ils hilares dans l'auto qui les ramène chez eux: "ah, la bonne farce !" ? Quel est leur état d'esprit à tous ces types qui balancent leurs crasses un peu partout ?

    Savez-vous que 50.000 tonnes de déchets sauvages sont récoltées chaque année en Wallonie ?

    Moi, je vais vous dire: les gens sont dégueulasses !

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    Un éditorial écrit par Stephen Vincke, pour Blogsquètia, le blog de Frameries.

  • L’édito #3 : à l’abordage !  

    C’est une longue baraque orange surmontée d’un mât, et qui fait figure de navire immobile. Vous passez tous les jours devant sans la voir vraiment. Peut-être même habitez-vous tout à côté. Certains d’entre vous l’ont bien connu quand elle était encore une école de la chaussure

    Etablissement provincial, la Fabrique de Théâtre, s’est ancrée au cœur de La Bouverie en 1998. Véritable petite usine artistique qui tient plus de la manufacture que de la production en série, elle a pour but d’être une salle de gymnastique artistique, un creuset où toute expérience est rendue possible grâce à l’encadrement professionnel et matériel : salles de répétition, salles de cours, ateliers de marionnettes, de masques et de costumes, bibliothèque des arts du spectacle, chambres pour la résidence d’artistes, et salle de spectacle de 82 places…

    Comme pour tout navire de cette importance (et qui navigue dans les eaux tranquilles de nos villages), l’abordage est difficile. Pourtant, chaque spectacle est une échelle de coupée qui mène à bord, une fenêtre favorable, une inexcusable issue.

    Voyez-vous, des artistes du monde francophone viennent chaque semaine y inventer, y dire, y déclamer, y écrire, y débattre, y costumer, y décoriser, y marionnettiser, y gargariser, y féminiser, y déshabiller, y rhabiller, y boucaner, y, y ,y… (et pendant ce temps de surir le monde). Et puis il y a les régionaux de l’étape, comme Barbare Dulière, de souche framerisoise, à la fois pirate de cœur et corsaire de trèfle. Et chaque mois une restitution gratuite et publique a lieu.

    Par définition, un navire est un monde clos. Sauf que celui-ci amène avec lui des épices exotiques, des fruits inconnus. J’en connais les matelots, et Valérie Cordy qui fait figure de capitaine (sa vaste cabine panoramique est pleine à craquer de paperasse : je vous montrerai une photo à l’occasion).

    Comme pour tout navire de cette importance, l’abordage est difficile. Sauf que ce navire-ci est percé de trous qui laissent filtrer la lumière. Laisse-vous séduire. Laissez-vous tenter : à l’abordage !

     

    -> http://www.lafabrique.be

  • L’édito #2 : la glace passe

    Etre sur le quai de la gare de Frameries, tôt le matin. Attendre le train dans l’obscurité. Vent froid qui transperce les vêtements. Fumerolles blanches qui sortent de la bouche. Taper du pied. Observer comme un manège lointain le va-et-vient des quelques automobiles qui viennent déposer un navetteur ou un étudiant. Les quais de la gare sont silencieux. 

    Soudain, au loin, encore vague au-delà du pont du berger apparaît la pâle lumière de deux gros phares : c’est le train.

    De petites averses verglacées ont déposé une colonie de cristaux de glace sur le fil noir de la caténaire. Alors quand le train entre en gare, glissant avec douceur dans une atmosphère irréelle, les archets du pantographe crépitent furieusement en faisant éclater la glace, et tracent un sillon d’étincelles bleues.

    Attendre le train dans l’obscurité. Vent froid qui transperce les vêtements. Fumerolles blanches qui sortent de la bouche.

    Un éditorial écrit par Stephen Vincke, pour Blogsquètia, le blog de Frameries.

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  • L’édito #1 : le pouls de Frameries

    C’est qu’on en croise du monde, quand on est journaliste pour un blog communal. On en pousse des portes, on en franchit des seuils, on en boit des tasses de café ! Chaque rencontre renouvelle le plaisir de s’intéresser à autrui et de mettre sa vie, sa passion, ses évidences en lumière.

    Je pense au tournage du clip Happy qui a été un accélérateur de découvertes : tant de boutiques, de clubs, de citoyens rencontrés en si peu de temps (comment oublier les tartes de Sylviane Brans ?). Je pense à la page Facebook Les Commerces de Frameries qui me demande (bâton de pèlerin en main et appareil photo en bandoulière) d’aller à la rencontre de chaque commerçant framerisois, de capter l’histoire de son établissement, d’en prendre le pouls. Et puis les reportages que vous lisez quotidiennement depuis maintenant 5 ans et demi et qui sont, chaque fois, autant de personnes croisées, d’angoisses à apaiser, de joie à partager, bref : de moments passés à prendre la température de notre territoire.

    S’asseoir sous la tonnelle de la brocante du Dry et discuter le coup avec Freddy Glacé tandis que les brochettes grésillent sur la grille du barbecue. Faire la promenade autour de Noirchain, et prendre une photo de Jean-Marie Delanoy (bon, pas très glorieuse il faut l’avouer: il était en train d’affronter des fondrières pleines de boue – mais qui était glorieux ce jour-là ?). Acheter une baguette de pain et un fromage de chèvre chez Isabelle Carré, à Sars-la-Bruyère. Ecouter les belles mains ridées de Luce du Lux, dernière ouvreuse du cinéma le Lux, me décrire le passé avec saveur, chaleur et précision…

    De manière générale, curieusement la boisson n’est jamais loin.

    Il y a le plaisir simple de prendre un café avec Rose Gouilleux quand la Maison du Peuple de La Bouverie est à peine ouverte. Celui de boire un coca avec Jean-Claude Lefèvre, mon comparse du crossage (quel type incroyable celui-là !). Partager un jus de fruits avec mes enfants, un jour de marché, à La Flamme ou Chez Louise. Se voir offrir, par Toni du magasin de chaussures Arto, un café… et le voir traverser la rue Ferrer pour aller chercher le café au distributeur du lavoir automatique (ce serait beaucoup trop simple pour Toni d’avoir sa propre machine à café !?).

    Et le pouls de Frameries de battre dans chacun d’eux. De les relier par un lien à la fois évident et mystérieux. Ces gens, vos parents, vos amis, vos commerçants… Ils me touchent chaque fois. Ils sont, comment dire… tellement framerisois.

    Un éditorial écrit par Stephen Vincke, pour Blogsquètia, le blog de Frameries.

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  • « si tu vois un écureuil, sur toi est le bon oeil », un édito de l’écureuil démasqué

    ec2.jpgBon, c’est pas tout ça, mais notre Blogsquetia est un blog de presse, tout de même. Alors un éditorial, ça n’est pas si bête.

    Pas plus tard que samedi, dans les terrains vagues qui séparent la rue Roosevelt de la rue Sainte Philomène, mon fils dans les bras, j'aperçois un bref éclair rouge. Immédiatement je me dis: "Ca y'est, j'en ai vu un !". Et l'écureuil de grimper agilement dans les branches d'un noyer, de se jeter avec une grâce infinie dans les branchages d'un autre arbre avant de disparaître dans une coulée de lierre. Tout ça a duré moins de deux minutes, et pourtant je suis émerveillé...

    Il y a quelques semaines, en promenade sur le RAVEL, j'avais aperçu fugitivement un petit animal brun roux qui s'était jeté, vif comme l'éclair, dans les fourrés. Un peu plus tard, ce fut une musaraigne qui fouillait des décombres, sous le pont Donaire. Mais pouvoir observer un bel écureuil roux (bien de chez nous), et avoir le temps de l'observer, non, ça, ça ne m'était pas encore arrivé.

    ec1.jpgCar dans le fond, ça n'est vraiment pas rien de voir un écureuil, ici, à Frameries. Je ne vous apprends rien : il s'agit tout de même de l'animal-totem de notre cité ! A ce titre, et au vu de leur rareté, en observer un en chair et en os devient une sorte de privilège local (comme d'observer un troupeau de zèbres au Kenya ou tomber nez à nez avec un caïman à lunettes au Costa Rica). Par ailleurs ça nous donne un sacré avantages sur d'autres communes boraines: les singes ne courent pas les rues montoises et celui qui tombera sur un ours à Saint-Ghislain aura eu la malchance de croiser l'échappé du cirque...

    Voici ce que dit des écureuils roux un site spécialisé: "Avec sa queue en panache, sa silhouette gracieuse et son agilité, l’Écureuil roux attire la sympathie. Strictement forestier et arboricole, l’Écureuil roux est le plus gros des rongeurs de ce type de milieux. C’est le seul écureuil autochtone présent en France [et en Belgique]".

    montage1.jpgIl est réconfortant de savoir qu'il y a encore des écureuils qui vivent à la cité de l'écureuil. A voir cet animal splendide, rutilant, vif... on se dit qu'il représente bien l'esprit de Frameries, cet esprit qui, bien que mince comme un fil, existe encore aujourd'hui après avoir véritablement été le point de jonction de la communauté framerisois d'autrefois.

    Voyant cet écureuil se couler de branche en branche avec un naturel confondant, je me dis qu'un moment comme ça, rare et précieux, devrait porter bonheur à celui qui porte en son coeur notre cité et son territoire. Ainsi, pourrait-on dire, à la mode orientale: « si tu vois un écureuil, sur toi est le bon oeil »

  • L’édito de l’écureuil démasqué : Frameries n'est pas une poubelle !

    1.jpgLa photo de gauche met en valeur un beau plat de pâtes au fromage jeté sans aucun chipotage ni aucun scrupule au beau milieu de la pelouse de la cour de l'Agrappe (il doit encore s'y trouver à l'heure où vous lirez cet éditorial). Encombrée par son gratin du soir précédent, il faut croire que la personne responsable de cette dégueulasserie a tout bonnement traversé la route avant de jeter son bazar comme ça, splotch.

    En promenade sur le Ravel, je croise un homme chargé de la gestion des sentiers de grande randonnée (GR). L’un comme l’autre stupéfaits devant le véritable dépotoir qui dégorge au pied du pont Donaire, il me dit : « Que c’est sale à Frameries. J’arpente le Ravel en long et en large. A Cuesmes ça va. A Pâturages c’est en ordre. Mais dès qu’on entre dans Frameries, c’est catastrophique ! ». Il y a des canettes en quantité, des sacs de frites, des fruits et légumes, du petit mobilier… Une vraie brocante pour les rats. Et c'est sans compter la pente qui, plus loin, rejoint la cité Floréal: 2.jpgon peut y admirer une véritable rivière d'ordures !

    Si on veut dresser un panorama textuel et visuel (voir les photos) exemplatif (et clairement non exhaustif) de la problématique des dépôts sauvages et autres cochonneries, il s’agit dès le début de battre en brêche les lieux communs et de faire halte aux idées préconçues.

    Premièrement, oui, il y a des jeunes qui s’en fichent et salissent tout, non ils ne sont pas les seuls responsables. En voici un exemple concret : il est 7 heures du matin. Très discrètement une petit vieille en peignoir sort de chez elle. Elle traverse la rue des mineurs. Elle tient à la main un sachet plastique plein : ce sont ses ordures ménagères. Arrivée à la cour de l’Agrappe, elle enfonce le tout dans une poubelle publique. Et si la place manque, elle dépose au pied de la poubelle.

    3.jpgDeuxièmement: il serait très malvenu de rejeter complètement la faute sur l'Administration Communale. Ces derniers temps, l'Administration, par l'entremise de ses ouvriers de voierie, a déployé des tréosrs de volonté afin de maintenir les rues du centre dans un état de propreté respectable. Est-ce assez ? Non, bien entendu: le barrage de l'hygiène publique craque de toute part. Mais la Commune peut-elle décemment engager et déployer dans les rues des milliers d'ouvriers ? Dans le fond, la commune fait ce qu'elle peut... Si on y réfléchit ce sont bien les citoyens qui jettent leurs ordures n'importe où, pas l'Administration ! 

    Bien sûr que la paupérisation et le manque d’éducation conduisent certains citoyens en perte de repères communautaires à ce laissez-aller. Mais le phénomène est des plus complexes. Ce qui est sûr et certain, c’est qu’un milieu déjà sale entraîne la saleté – spirale sans fin qui dédouane les pollueurs : « y’a déjà tellement de poubelles que ça n’est pas ma canette 0.jpgqui va changer grand-chose ». Bien sûr que la moindre porte ouverte (comme cette histoire de cartes d'accès à l'Ecoparc mal distribuées) permet aux crasseux de s'en donner à coeur-joie en souillant les coins reculés (et souvent ruraux ou arborés) de Frameries. 

    Les abords de la gare : canettes, papiers, vêtements. Les poubelles de la petite placette de la rue Maroille, celles des abords du parc de Frameries : ça déborde. Le sentier qui mène au bosquet Mirland : derrière un beau perce-neige trois sacs poubelles éventrés vomissent des canettes. Mont  des écureuils : crasse, petit mobilier, matelas. Alentours du terril du Grand-Trait : vêtements, sacs poubelles noirs, electro-ménager… La nuit, il arrive même que des cinglés passent les grillages entourant l’Ecoparc, se saisissent de tout ce qui traîne avant de tout balancer dans les environs.

    4.jpgUne solution miracle ? Peut-être peut-elle passer par une « révolte » généralisée du citoyen propre ? Il est trop silencieux, là où chaque dépôt d'ordure est un cri pour le crasseux ! Le citoyen propre doit le faire savoir, afficher sa colère, traquer la crasse, et même, carrément appuyer l’Administration !

    Ce samedi 14 mars 2015, une opération intitulée « Frameries n’est pas une poubelle » organisée par votre blog communal aura lieu de 10h à midi. Son but : opérer le nettoyage du Ravel au pied du pont Donaire, pour montrer que les gens propres en ont assez des incivilités, donner un signal fort aux pollueurs, ainsi qu’apporter un soutien citoyen à Frameries. Vous voulez agir ? Prévoyez des gants, une pince... Le rendez-vous est fixé dès 9h45 sur le parking de la gare.

    Il serait naïf de croire que ça changera tout – mais donner un grand coup de propre, ça fait du bien à Frameries !

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  • « une après-midi à Frameries », un édito de l’écureuil démasqué

    auteuretpageblanche2.jpgBon, c’est pas tout ça, mais notre Blogsquetia est un blog de presse, tout de même. Alors un éditorial, chaque semaine, ça n’est pas si bête. 

    La presse s’attarde toujours sur les événements, petits ou grands, bons ou mauvais. Dans cet éditorial, pas d'événements. Ou alors microscopiques. Nous allons simplement retracer l’après-midi normale d’un citoyen dans Frameries…

    Je sors de chez moi et m'engage dans la rue Roosevelt. Je passe à la boucherie Cédric et Emile. Emile est en train de tester un nouveau saucisson à la bière de Frameries. Ne pas oublier de revenir vendredi matin pour y goûter !

    Je prends à droite et remonte la rue Defuisseaux. A l'Agrappe, des jeunes s'activent. La Maison de la Prévention leur a proposé de remettre la cour de agra.jpgl'Agrappe en ordre, de rénover la rampe, et même de la taguer de manière artistique la semaine prochaine. Quelle bonne idée ! Ca méritera un reportage.

    Je me dirige vers le rond-point des 4 pavés et tourne dans la rue des Alliés. Je jette un œil à l’étal du nouveau boucher. Plutôt sympa: on peut goûter la viande, grillée sur un petit grill. Faudra que j’y repasse plus tard aussi. Un peu plus loin, je regrette que le magasin « Rock Attitude » ferme ses portes. En face, on va ouvrir un toilettage pour chiens.

    J’arrive à La Poste (pardon: "Bpost"). Il y a huit personnes devant moi. Vingt minutes plus tard, c’est enfin mon tour. Je prends mon paquet (une chouette veste pour ma fille). Il y a encore huit personnes derrière moi. C'est très équilibré.

    poste.jpgEtape suivante : le commissariat de Police. Le préposé finit par me demander de quoi il en ressort. Je viens pour une perte de documents. Il me demande de m’asseoir et de patienter. Une dame me suit. Elle se plaint de tapage nocturne à la rue Defuisseaux. L’agent de quartier lui répond : je ne sais rien faire, je fini à 17h. Faut appeler l’Intervention. « Mais quand je les appelle ils disent qu’ils sont occupés » explique la dame. "Alors le Roulage, répond l’agent. Mais si c’est tard c’est rare qu’ils viennent. A cause des budgets". La dame repart, déconfite. C’est enfin mon tour. Je vais pouvoir régler cette histoire de papiers perdus. Le policier s’installe derrière le bureau. « Alors, s’exclame-t-il, vous les avez perdu où, vos clefs de voiture ? ».

    Dernière chapelle : faire des courses au Champion (c’est un Carrefour depuis belle lurette mais tout le monde dit toujours le Champion – allez savoir pourquoi). Plus de choucroute. Je demande à une dame. « Ah non, y’a plus de choucroute ». Faut croire que l’Alsace est repassée à l’Est. A la caisse, ce sont les rouleaux de sacs poubelles blancs qui manquent à l’appel. « On n’en a plus », me dit la caissière. Puis, plus bas, sur un ton de complot : « Ca fait deux semaines. L’HYGEA ne nous en livre plus parce que le magasin ne paie pas les factures ! ».

    C’est l’heure de rentrer à la maison. Rue Roosevelt une voiture s’arrête. La conductrice me demande : « c’est bien par ici, pour aller à Tournai ? ». Pendant une fraction de seconde, j’ai failli dire : « oui ».

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  • « un peu de Diables sur vos frites ? », un édito de l’écureuil démasqué

    IMG_0410-okok.jpgBon, c’est pas tout ça, mais notre Blogsquetia est un blog de presse, tout de même. Alors un éditorial, chaque semaine, ça n’est pas si bête.

    Pour moi, la Coupe du Monde a commencé rue Maroille, pas loin du restaurant Marconi (en vérité : juste en face des anciens bureaux de Radio Borinage). Je croise le chemin d'une dame. La dame : une framerisoise. Ses cheveux : teints en noir, jaune, rouge (je sais, j’aurais dû faire une photo, mais j’étais ébahi). On était le matin du premier match. Ce fameux « Belgique-Algérie » qui nous aura valu nos premiers points dans la compétition. Grand’rue, une dame traverse à grand pas énergiques le trottoir devant Optique Simonet. Pendue au téléphone, elle s’écrie « Je sors du Shopping : la p’tite nous a fait l’jeu du diable ! Il lui fallait absolument un drapeau ! ». Mais que se passe-t-il à Frameries ? J’entre dans la banque ING. Les employés se sont costumés au goût du jour : maillots de Diable Rouge pour les hommes, antennes festive d’un goût un peu douteux pour les dames. Plus loin, à l’entrée de la rue Rogier, une famille sors d’une automobile. L’auto est décorée (drapeaux sur le IMG_0354-okok.jpgpare-brise, profusion de fanions, etc) et la famille est à l’avenant. Dans la gazette du jour se trouve le portrait d’un chien framerisois déguisé, lui aussi.

    Au soir, le « monde entier » moins « le monde entier moins la Belgique » retient son souffle. Le match est gagné. Les Fennecs sont dégrisés. Immédiatement un délire collectif s’empare de la population. Supporters de la première heure comme de la dernière s’entremêlent en une sarabande infernale qui s’éteint tard dans la nuit.

    Puis vient la rencontre « Belgique-Russie ». Aux quatre coins de Frameries on peut voir le match sur des écrans géants. Les Diables Borains (le club de supporters de Frameries) a sorti l’artillerie lourde et s’est retranché dans la Maison du Peuple. Au Café de la Cité on sert des hot-dogs pour exorciser la rencontre (les russes ont horreur des hot-dogs). A la dernière seconde de jeu, c’est l’hystérie. Des centaines de véhicules bariolés se concentrent dans Frameries-centre. Les klaxons retentissent, les moteurs pétaradent, les gorges poussent des hurlements plus ou moins articulés, des grappes d’enfants cabriolent sur le pavé : nouveau délire.

    IMG_0487-okok.jpgTout ça pour vous dire qu’à mon humble avis, nos joueurs n’ont pas toujours véritablement déployé de jeu miraculeux sur le terrain brésilien. Les premières parties des matchs manquent souvent de peps. Il y a parfois des moments de grâce (mais quelle équipe n’en a pas ?). La réussite tient parfois à peu de chose (vraiment très peu : un goal). On m’a toujours appris que la réussite était optionnelle, que l’essentiel restait dans la manière. On peut gagner sans passion, et perdre dans la gloire. De toute manière, je suis bien incapable de dire ce que l’avenir réserve à notre équipe nationale. Mais ce qui est sûr, c’est que, pour le moment, dans la compétition, le meilleur joueur, c’est le supporter. Maître du terrain, déchaîné, inventif, il se donne sans compter. A Frameries, il chamboule les habitudes en poussant à l’exultation collective. On peut aimer ou pas. Mais dans le fond, les occasions de se réjouir étant ce qu’elles sont, autant ne pas bouder son plaisir et entrer dans la danse.

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