café framerisois #14 : café, Leffe, et musique

26232848_387035695088797_198378939478358583_o.jpgLes bouteilles sont dans les frigos. Les bancs et les tables savamment disposés. Les pompes branchées. C'est le petit matin sur la brocante d'Eugies.

J'ai fixé les panneaux aux montants de la buvette ("gaufre maison", "café 1,50euros"). J'ai disposé les tarifs sur les tables. Quelques passants, un soleil doux, les mauvaises effluves d'un barbecue au gaz qui s'allume. Assis sur un banc orange, je sirote un café au lance-pierre. C'est un mauvais moka aigrelet - je grimace.

A cette heure, Eugies est encore paisible, et des gens souriants s'affairent à chiner de-ci de-là. Un couple s'installe et commande deux cafés. Plus loin, un homme commande une Leffe avec une portion de fromage. Puis, tout soudain, surgissant de derrière la baraque à churros, surgit ma fille. Triomphale, elle dépose un épais chausson aux pommes devant mon nez: un régal que je fais descendre avec la dernière rasade de café. Ca me donne à peine le temps d'entrevoir le départ de la course à pieds. Le peloton galope comme un seul homme et la masse multicolore défile rapidement devant la buvette.

Onze heures. Denis me libère. Je souhaite bon courage aux bénévoles qui arrivent. Tel un barrage bloquant opiniâtrement les flots d'une mer déchainée, ils vont devoir affronter la grande soif de midi des promeneurs. Quatre pintes ! Une gaufre, une Montoise, et un verre d'eau ! Deux Leffe et un coca pour le p'tit ! Vous servez à table ? Vous avez des toilettes ?

Il est temps pour moi aussi d'aller chiner. Ou plutôt d'aller prospecter. Bras-dessus bras-dessous avec ma fille, je remonte la rue du Culot. Il y a, tout là haut, Patrick et son carton de vieux papiers. 

Autrefois gardien de la paix, Patrick faisait sa tournée dans Frameries. Un beau jour, il est tombé sur un carton déposé devant une maison. Dans le carton se trouvait tout un trésor de vieux papiers framerisois: des affiches de spectacles, des placards communaux antédiluviens. J'adore farfouiller dans ce carton. J'ai la sensation d'être un orpailleur qui halète en attendant la prochaine pépite. De loin j'aperçois les cheveux blancs de Patrick. Mais il bruine. Patrick a dû mettre les vieux papiers à l'abri. Des documents de cet âge, c'est comme du buvard: une seule goutte d'eau et ça fait torchon. Ca n'est rien : je repasserai plus tard.

Je repasserai à plusieurs reprises. L'averse repassera aussi à plusieurs repris - et toujours synchrone. Tant pis pour les vieux papiers de Patrick. Je le retrouverai sans doute plus tard, sur une autre brocante.

En attendant il est l'heure de répondre à l'invitation de Jean-Marc. Dressée sur les hauteurs du village, la maison de Jean-Marc est haute et colorée. Je me faufile par le passage latéral. Des tables joliment dressées ponctuent le beau jardin. L'apéro est ouvert. Les musiciens de Hold The Line préparent le concert et ces chers Jean-Marc et Catherine papillonnent d'un groupe à l'autre, saluant parents et amis. Soirée merveilleuse, musicale, à grignoter les plats d'un beau buffet varié dans le jardin aux lumières tamisées.

Minuit.

Après pareille journée de fête et de remue-ménage, Eugies est plongée dans un silence assourdissant. Quelques ombres profitent des dernières minutes du pool bar. Le calvaire, droit et solitaire, semble un cierge éteint piqué sur un gâteau de cirage. L'auto glisse sans bruit, direction Frameries.

14logo.jpg

Robuste, acide, doux, ou amer, le « café framerisois » vous est servi le dimanche sur votre blog communal. Accompagné d’une photo, il raconte le Frameries d’aujourd’hui par petites touches sincères.

// dégustez les autres cafés framerisois en cliquant ici.

 

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel