café framerisois (7) : un café avec Johan Baudart

Robuste, acide, doux, ou amer, le « café framerisois » vous est servi chaque dimanche sur votre blog communal. Accompagné d’une photo en noir et blanc, il raconte le Frameries d’aujourd’hui par petites touches sincères.

Johan meulait une sculpture. Une paillette de fer lui est entrée dans l'oeil comme un petit poignard qui aurait voulu lui faire payer le prix du sang. Johan en a vu d'autre. Mais la paillette s'est mise à rouiller. La rouille a envahi l'oeil en ouvrant des bras spiralés.

Ophtalmologue, fraisage.

C'est l'automne à la rue de la sucrerie. Dans un grand hangar mat, des lampes sont suspendues au plafond. On dirait de graciles champignons dont les chapeaux éclaireraient faiblement les plaques d'acier, les tiges aveugles, les alignements d'outils, et la silhouette du sculpteur. Quand Johan Baudart soude, des éclairs bleutés prêtent vie à des milliers de Frankenstein miniatures qui tendent les bras vers la vie, mais s'évanouissent aussitôt dans la poussière et la limaille de l'atelier.

Johan plonge un sucre dans le café, demande une cuillère. Son oeil gauche est injecté de sang.

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Commentaires

  • Robuste, acide, doux et... un peu amer. C'est le souvenir que j'ai de cet (re)créateur de la terre et du métal. Deux matières auxquelles on ne se frotte pas en gants blancs mais en s'écorchant les mains. Parfois pour n'en exprimer que la douceur.

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