café framerisois (6) : une dernière "jatte" avec papa

Robuste, acide, doux, ou amer, le « café framerisois » vous est servi chaque dimanche sur votre blog communal. Accompagné d’une photo en noir et blanc, il raconte le Frameries d’aujourd’hui par petites touches sincères.

Impossible de l'imaginer sans sa tasse de café. Un sucre à tremper-croquer. Du lait. Autrefois mon père était gendarme. Un gendarme, la nuit, ça carburait au café. Mon père ne faisait pas exception. Je me rappelle son vif plaisir de faire connaître sa plaque d'auto: AFE. Ca faisait cAFE et il en riait. Un gendarme, la nuit, dans le froid et l'ennui, ça tire bien souvent sur une cigarette. Mon père n'a pas fait exception. Sauf que la cigarette a eu raison de sa santé: elle a tiré la dernière.

Il buvait encore sa petite "jatte". Le café était plus léger, c'est tout. Parfois insomniaque, mon père trempait un Cha-Cha ou une autre sucrerie dans son café. Celui qui n'a jamais trempé un Cha-Cha dans un café brûlant ne connaît pas le paradis. Quant à mon père, le paradis, il y est sans doute. Il est mort en septembre.

Le funérarium s'était rempli. Puis vidé, tout doucement. J'avais regardé la famille et les amis passer comme on regarde un film triste. Quelque chose qui glisserait inexorablement vers une fin irrémédiable. Le corps de mon père était là, les mains jointes. Les mains jointes, il paraissait plongé dans un sommeil paisible. Ma mère est partie la dernière. J'ai demandé un café. Un dernier café. Je suis resté près de mon père, les larmes aux yeux. Et j'ai bu une dernière "jatte" en sa compagnie.

Au revoir papa.

 

// dégustez les autres cafés framerisois en cliquant ici.

Les commentaires sont fermés.