café framerisois (2) : un café que je ne boirai jamais

Le dimanche retrouvez un nouveau rendez-vous hebdomadaire, sur votre blog communal: le "café framerisois". Un café parfois doux, parfois acide, parfois robuste pris en votre compagnie ici ou là, dans l'entité de Frameries.

Vous vous souvenez de cet épisode de Mister Bean, lorsque ce grand dadais repeint son appartement en faisant exploser un pot de peinture ? C’est exactement l’impression que j’ai lorsque Massimo Sdao me fait pénétrer dans le « Moz’art Harmonie » incendié. Le feu, paresseux (l’incendie s’est déclaré peu après minuit), s’est contenté de développer une fumée noire, épaisse, étranglante, qui a finit par repeindre le moindre centimètre carré d’une couche grasse et anthracite. Les vitres sont noires. Le saxophone, debout sur le comptoir, est noir. Les verres et les bouteilles sont noirs. Sur la machine à café, cube obscur, se tient en rang serré un troupeau de tasses noires.

Seul dans l’établissement, je saisis une tasse entre le pouce et l’index. Et dans un rêve sourd, je la pose sur une table. Banquettes ravagées. Sol détrempé. Je me dis qu’un incendie, dans le Borinage, un incendie de suie et de charbon, suscite toujours le réveil de la mémoire collective.

Je fixe un long moment (un moment obscur) cette tasse que je ne boirai jamais.

> lire l'épisode 1

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