l'Agrappe, 135 ans plus tard (2/4) : un martyrologue sans fin

AGG2.jpgLe plus ancien coup de grisou dont on ait conservé le souvenir se produisit en 1589 au Trou Moreau à Frameries. Il fit 6 morts. En 1582, une galerie s'emplit d'eau à la veine Picarte: il s'agira cette fois de 6 noyés. Car, au fond de la mine, on peut périr de bien des manières: noyade, incendie, éboulement, explosion, asphyxie... de toute évidence, le sous-sol borain n'est vraiment pas fait pour favoriser la vie humaine.

La commune de Frameries a, quant à elle, payé, au fil du temps, un des plus lourds tribus à l'industrie houillère. Concentrons-nous sur les tristements connues fosses de l'Agrappe. En 1758, en 1789: un incendie y éclate. De 1778 à 1790, la Compagnie de l'Agrappe fait savoir que ses fosses ont connu plus de trente fois les ravages du grisou. Le 16 janvier 1855 il y eut encore 4 tués et un blessé au puits n°9 de l'Agrappe. Le 12 janvier 1864, c'est au puits n°3 que 10 ouvriers périrent dans un coup de grisou - pour 17 blessé ! En 1874: 7 personnes sont tuées au puits n°2... Le martyrologue est sans fin !

AGG3.jpgLe 16 décembre 1875 fut une date tragique (une de plus !) dans l'histoire de cette exploitation. Le jour précédent, des ouvriers avaient lu une lugubre inscription marquée à la craie sur le flanc d'un chariot: "demain tout sautera". En effet, le lendemain, à 8h30, tout sautait à 520 mères de profondeur. 200 ouvriers étaient au fond en cette heure tragique. Douze heures plus tard, 50 corps sans vie étaient déjà remontés. Il y eut, en tout, 112 tués, dont 100 framerisois. On retrouva les corps enlacés d'un père et de ses deux fils. Huit mois après la tragédie, un nouveau coup de grisou ôtait la vie à 4 mineurs supplémentaires, dans le même puits.

Vint enfin le 17 avril 1879, date du tristement célèbre "volcan de l'Agrappe". A 7h30 du matin, on remarqua qu'une "mauvaise odeur" se dégageait de la fosse. Une formidable explosion retentit aussitôt, provenant de la veine Epuisoire à 610 mètres de profondeur, projetant dans les galeries, dans le chantier, quelques 4.200 hectolitres de charbon pulvérisé. Le grisou alla s'allumer au poêle de la salle de la machines d'extraction. Le châssis à molette fut brisé. Une flamme haute de 80 mètres AGG1.jpgs'éleva au milieu d'un intense dégagement de fumées noires. Dans les heures qui suivirent la catastrophe, si l'on vit émerger des rescapés ahuris et blessés (lire ici l'odyssée de Louise Ledune) il y eu 121 morts - de nombreux corps restèrent à jamais enfouis dans les profondeurs de l'abysse dévoreuse d'hommes.

A l'annonce de cette terrible infortune, le roi Léopold II adressa une somme de 5000 francs (de l'époque) aux familles en deuil, ainsi qu'un télégramme renseignant sa profonde émotion. 

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Commentaires

  • voici enfin des choses intéressantes , la ferme et le bosquet mirland et la cour de l'agrappe et le coup de grisou, merci aux personnes qui ont publié ces articles, pour qu'on trouve plus souvent ce genre de reportage sur frameries. Merci beaucoup

  • Bonjour,

    Je serais intéressée de connaitre les références des dessins qui sont présentés avec l'article car j'aurais aimé les utiliser dans le cadre d'une publication. un grand merci

    Camille V.

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