gare de Frameries: stop ou encore ?

2431993098.jpgCet article est à lire en regard d'un article que vous trouverez ici.

Oui, la gare de Frameries est dans un piteux état. Toutefois, elle survit tant bien que mal aux vélléités de la SNCB de supprimer les points d'arrêt les "moins fréquentés" (en l'occurence: 550 voyageurs/jour). Dans cette histoire saugrenue de loyer à payer, le maintien de points d'arrêt secondaires comme la gare de Frameries : c'est bien de cela, dans le fond, qu'il s'agit. De fait, la Commune entend perpétuer son existence, envers et contre les volontés très "anti-service public" de la SNCB.

Eclaircissons d'abord ceci: le bâtiment de la gare appartient à la SNCB et a été depuis l'abandon des services jusqu'à aujourd'hui "prêté" par la SNCB à la Commune (sous la condition de préserver une petite salle pour les passagers). Sous la gestion du Centre Culturel de Frameries, le bâtiment de la gare est donc occupé depuis 2009 par des jeunes sncb.jpgmusiciens de la région, sous l'égide de l'Envol des Cités (lire ici), ce qui permet une occupation régulière et utile. Le reste du site (quais, tunnel, escaliers parking... bref tout ce qui est complètement et honteusement dégradé) reste la pleine possession de la SNCB

Aujourd'hui, la SNCB réclame un loyer à la Commune (et donc à nous, citoyens) pour l'occupation et l'emploi du bâtiment. Le paradoxe est que l'Etat (c'est à dire... une fois encore nous, les citoyens) verse déjà des sommes se chiffrant en milliards à la SNCB ! On est en droit de se demander si, derrière cette demande un peu déplacée ne se cache pas l'espoir que la Commune refuse cet arrangement. Ce qui permettrait à la SNCB d'être réduite à vendre. Un bâtiment tel que celui-là étant de toute évidence impossible à vendre (éloignement, nuisances sonores...) il finira rasé, étape supplémentaire vers la suppression du point d'arrêt !

Si l'on part du principe que l'intérêt général de la commune et du citoyen passe par l'existence d'un poin d'arrêt ferroviaire actif au sein de l'entité, on ne peut qu'encourager notre Administration à persévérer. Jean-Marc Dupont, bourgmestre de Frameries, d'insister sur le fait que l'éventualité d'une location du bâtiment (chiffrée actuellement à quelques 400€/mois) sera conditonnée par une remise en état intégrale des abords de la gare par la SNCB.

Dans ce donnant-donnant, le citoyen, et Frameries, en sortiront finalement gagnants, à quelques euro près... Dans le fond, quand on voit l'état du point d'arrêt et le montant réclamé pour la location (400€... pas de quoi changer la direction d'un quelconque budget), on ne peut que s'inquiéter du peu d'intérêt que porte la SNCB à ses usagers. C'est finalement la leçon à tirer de cette affaire de la "gare de Frameries" qui est sans doute loin de trouver ici une conclusion définitive...

P.S: nous avions consacré un édito en clin d'oeil aux navetteurs de Frameries. Cliquez ici ! :)

Commentaires

  • Bonjour,
    Concernant la vétusté de la gare de Frameries et le manque de confort pour les navetteurs, je suis bien d'accord, c'est la catastrophe; et ne parlons pas du parking qui est, certes, gratuit mais qui est boueux et surtout très insécurisé. Mais ce qui me tracasse le plus, c'est la suppression pure et simple des points d'arrêt Frameries, Genly et Quévy, ce qui obligeraient les navetteurs de ces localités à se rendre à Mons où actuellement il faut bien l'avouer l'accès est quelque peu difficile et de plus, il faut y arriver. En décembre dernier, les navetteurs qui garent leurs voitures sur le parking ont retrouvé sur leur parebrise un document - anonyme - leur signalant qu'à terme il n'y aurait plus ou beaucoup moins de trains directs vers Bruxelles, il faudrait donc changer à Mons avec tous les inconvénients que cela comporte. Je pense que prioritairement cette information vaut la peine d'être contrôlée plutôt que de s'inquiéter de l'esthétique de la gare. Mais qui pourrait le faire ? A qui s'adresser sachant que ce document n'est pas signé, c'est peut-être un canular mais c'est aussi peut-être quelqu'un qui a voulu avertir avant que les décisions soient prises...!

  • Bien que la SNCB soit l'acteur principal de cette pièce, elle n'est pas seule en scène. Pour savoir dans quelle pièce on joue, examinons la distribution des rôles d'un peu plus près :

    1) la SNCB, qui fait tout pour réduire le nombre de voyageurs: fermeture du guichet en 2005 ; aucun investissement récent, ni prévu avant 2025: quais, tunnel sous voie, bâtiment, éclairage,... tout est dans un état lamentable, et ne donne qu'une seule envie: fuir les lieux à cause de l'insécurité et de l'inconfort.

    2) les TEC, dont les bus ne font même plus le crochet par la gare. Une gare à bonne distance du centre-ville et qui n'est desservie par aucun transport en commun n'est forcément pas viable dans un modèle de société où on encourage précisément les transports en commun...

    3) la police locale, qui dispose d'une quarantaine de caméras de vidéosurveillance, mais qui ne juge visiblement pas utile de sécuriser cet endroit, qui en aurait pourtant grand besoin.

    4) la commune, qui se plaint de l'état de délabrement général, mais qui est responsable de l'état des voiries qui desservent la gare: remettre le parking boueux en état, maintenir un éclairage public correct, dégager la végétation invasive, établir des marquages au sol sur le parking en tarmac pour éviter le parking sauvage, tout cela n'est pas à reprocher à la SNCB!

    5) la région wallonne, qui n'a installé aucune signalisation indiquant la connexion existante entre la gare et le Ravel qui la longe.

    6) les imbéciles qui se sont appropriés le site et qui s'amusent à dégrader et vandaliser systématiquement ce qu'il reste encore des ruines d'un service public qui ne sera bientôt qu'un lointain souvenir.

    La fin de la pièce est déjà connue: baisse constante du nombre de voyageurs à cause de l'état de délabrement et de l'insécurité. Ceci sera une bonne justification pour fermer le point d'arrêt... et puis la ligne 96 de Quévy à Mons.

    Personnellement, je préfère les "happy end", et si j'étais scénariste, et pas simple spectateur, voici ce que je proposerais comme fin alternative:

    1) une coordination des 2 communes desservies par ce tronçon de la ligne 96 (Frameries et Quévy (dont Genly)) afin d'obtenir un audit indépendant sur les attentes des voyageurs, l'état réel de la ligne, ses opportunités, ses coûts, les conséquences d'une fermeture de ligne (perte de navetteurs, et donc de population active, congestion routière et saturation des bus vers Mons (étudiants, travailleurs,...), etc.)

    2) une véritable reprise en main communale via l'entretien correct des abords de la gare : voiries, parking, dépôts sauvages, élagage de la végétation qui bloque la vue (et donc le "contrôle social" depuis la rue Ferrer).

    3) une coordination avec les Tec afin d'assurer le passage des bus comme prévus à l'horaire, et ensuite de revoir complètement l'offre de bus : assurer à nouveau une desserte correcte de la gare depuis et vers le centre-ville et vers le zoning tout proche.

    4) une sécurisation des lieux via l'implantation d'au moins une caméra de surveillance de la police locale sur le parking (domaine communal), et éventuellement de caméras de la SNCB sur les parties dont elle est responsable (quais, bâtiment, accès aux voies, tunnel).

    5) une promotion de l'intermodalité avec le Ravel et sa liaison vers le Pass et le PNHP.

    6) une réflexion globale sur l'utilisation du bâtiment de la gare: la solution de "l'envol des cités" est-elle vraiment la meilleure? Un espace mutli-services (point-poste, guichet communal décentralisé,...) ne serait-il pas à ré-envisager (comme en 2005)? Un ou des commerces, notamment pour les navetteurs (librairie, snack, magasin "de dépannage", ...) ne seraient-ils pas intéressés de s'y installer?

    7) une promotion plus active de l'offre de trains pourrait augmenter le nombre de voyageurs: un simple panneau sur la rue Ferrer annonçant le parking gratuit et l'accès à Mons en 7 minutes, et à Bxl en 1 heure pourrait faire réfléchir plus d'un automobiliste. Idem pour une sensibilisation auprès des navetteurs des entreprises du zoning.

    8) la pose d'un panneau d'information reprenant les différents numéros utiles: police, SNCB, TEC, taxis,... et la mise en place d'une cabine téléphonique: la base dans une gare!

    9) la remise en état, et l'entretien, par la SNCB des parties dont elle est responsable: l'escalier d'accès aux quais est vétuste et dangereux, l'éclairage du tunnel sous voies et défectueux, les bâtiments et panneaux sont couverts de tags, la végétation envahit le site, les revêtements de quais sont lamentables, aucun accès aux PMR n'existe...

    Bref, avant de se lamenter et de se résigner, ne pourrait-on pas attendre des pouvoirs publics une réelle coordination? La ligne est opérationnelle et s'il faut la défendre, c'est maintenant, et pas lorsqu'elle sera fermée et qu'il faudra investir des sommes folles pour une remise en état!

    Il faut que chacun prenne ses responsabilités: c'est trop facile de montrer la seule SNCB du doigt: négliger ses navetteurs et ses étudiants, c'est hypothéquer l'avenir d'une région... et cela devrait être une priorité politique et citoyenne!

Les commentaires sont fermés.